Face à la lenteur du gouvernement dans le traitement de leurs revendications, les syndicats de l’éducation en Guinée haussent le ton. L’intersyndicale, regroupant la FSPE, le SLECG et le SNE, menace de déclencher une grève générale sur toute l’étendue du territoire national à l’expiration de leur préavis, si leurs principales revendications ne sont pas prises en compte.
Contacté par notre rédaction, Mohamed Bangoura, alias Roméo, a rappelé les points essentiels du mémorandum adressé au gouvernement. « Nous avons constaté avec amertume que le gouvernement guinéen tente de jouer à l’usure pour négliger le mémorandum que nous avons déposé. Dans ce document, nous avons réclamé le recrutement de tous les enseignants contractuels de Guinée qu’ils soient communaux non retenus ou issus de la zone spéciale de Conakry, le déblocage des salaires suspendus depuis juin 2023 pour cause de lourdeurs administratives, ainsi que le reclassement, que nous considérons comme des points non négociables », a-t-il expliqué.
Selon lui, au lieu de répondre favorablement à ces demandes, les autorités ont opté pour le silence, poussant les syndicats à durcir leur position. « Voyant la non-considération du gouvernement, nous avons décidé de déposer un préavis de grève pour donner encore une chance au dialogue. Faute de quoi, après l’expiration de ce préavis, nous déposerons un avis de grève immédiat, applicable sur tout le territoire national », a-t-il averti.
Mohamed Bangoura précise également que le statut particulier de l’éducation a été élaboré à la demande du gouvernement et concerne les trois sous-secteurs : l’enseignement pré-universitaire, l’enseignement supérieur et l’enseignement technique et professionnel. « Ce statut prend en compte tous les personnels enseignants, y compris les encadreurs. Nous ne voulons pas de distinction entre enseignants. Malheureusement, le gouvernement semble jouer sur le temps, raison pour laquelle, après consultation de la base, nous avons déposé un préavis de dix jours. Une fois ces dix jours expirés, nous passerons à la grève générale », a-t-il ajouté.
L’intersyndicale reste ferme sur sa position. « Ce qui pourra nous faire reculer, c’est la signature et l’application, sans délai ni condition, du statut particulier. Nous exigeons également le recrutement de tous les enseignants contractuels dans la fonction publique, qu’ils soient de Conakry ou de l’intérieur du pays », a insisté le responsable de la communication du SLECG.
Interrogé sur le soutien du mouvement syndical dirigé par le général Amadou Diallo, Mohamed Bangoura a précisé qu’il s’agit pour l’instant d’un mouvement sectoriel. « Nous connaissons mieux les problèmes de notre secteur. C’est pourquoi nous demandons au mouvement syndical guinéen d’observer la situation. Si le moment vient où nous aurons besoin de son appui, nous le solliciterons. Pour l’instant, nous voulons que ce soit l’intersyndicale de l’éducation FSPE, SLECG et SNE qui règle cette question du statut particulier », a-t-il conclu.
Aliou Diaguissa Sow


