Le tribunal criminel de Dixinn, siégeant à la Cour d’appel de Conakry, a décidé ce jeudi 18 décembre de renvoyer au 12 janvier 2026 la poursuite des débats dans le cadre du procès du massacre du 28 septembre 2009. Cette décision intervient à l’issue de la déposition du colonel Bienvenu Lamah, accusé dans le second volet de cette procédure judiciaire historique.
À la barre, l’officier détenu depuis novembre 2022 à la Maison centrale de Conakry a mis en cause le rôle de l’ancien président de la transition, le général Sékouba Konaté, estimant que l’éclatement de la vérité sur les événements survenus au stade de Conakry passe nécessairement par son audition. Selon lui, celui qui était alors ministre de la Défense nationale aurait joué un rôle central dans la gestion de la crise post-28 septembre et dans l’orientation de certains acteurs militaires impliqués.
Le colonel Lamah a également rejeté toute implication des recrues du camp de formation de Kaléah, régulièrement citées lors de la première phase du procès. Il a soutenu que l’association de ce centre aux massacres relève, selon lui, d’une tentative de détournement de responsabilité, affirmant que ses hommes n’ont jamais été déployés sur les lieux des violences.
Profitant de son passage à la barre, l’accusé a par ailleurs dénoncé la légalité de sa détention, rappelant avoir précédemment bénéficié d’une décision de non-lieu. Il a estimé que sa mise en cause actuelle serait motivée par des considérations extra-judiciaires, notamment d’ordre politique et identitaire, tout en se disant victime d’un traitement discriminatoire.
Malgré ses critiques à l’encontre de la procédure, le colonel Bienvenu Lamah a affirmé être prêt à affronter la suite des débats et réitère son innocence et sa volonté de voir la justice statuer uniquement sur la base des faits.
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