Selon nos confrères de Planète 7.com, un violent affrontement a opposé, ce dimanche 20 avril 2026, des ressortissants guinéens et ivoiriens à la mare de Dalagbèba, enclave frontalière entre la Guinée et la Côte d’Ivoire. Le choc, survenu vers 11 heures dans la commune rurale de Boula (préfecture de Kankan), a fait 15 blessés : 11 côté guinéen, dont plusieurs touchés par balle, et 4 côté ivoirien.
Les pêcheurs du district de Kalafilila (Guinée) s’étaient rendus sur ce point d’eau partagé pour une session de pêche quotidienne. Mais la mare, nichée derrière le fleuve qui marque la limite naturelle des deux pays, reste au cœur d’un vieux litige avec les communautés de Fangala (Côte d’Ivoire). « Nos ressortissants se trouvaient dans une zone frontalière, mais un accord interdisait toute activité des deux côtés », a expliqué le lieutenant Michel Louah, soulignant le non-respect persistant des engagements.
La situation a dégénéré lorsque des Ivoiriens, revenus armés, ont ouvert le feu sur les pêcheurs guinéens désarmés, selon une source sécuritaire. Parmi les victimes figure le président du district de Kalafilila, blessé à la jambe. Dix Guinéens ont été évacués d’urgence vers l’hôpital régional de Kankan, sans communiqué officiel sur leur état. Côté ivoirien, quatre blessés sont recensés, sans détails sur leur gravité.
Quatre Guinéens dont trois hommes et une femme ont brièvement été interpellés par les autorités ivoiriennes avant d’être relâchés et remis à leurs pairs. Un témoin oculaire, encore sous le choc, raconte la panique : « On n’avait que nos filets. Les tirs ont semé la confusion : cris, femmes touchées, tout le monde fuyait. »
Cet épisode ravive les tensions récurrentes autour de Dalagbèba, où l’absence de frontières claires et de solutions durables entretient un climat explosif. Les communautés riveraines et les États guinéen et ivoirien attendent toujours un règlement définitif pour apaiser ce foyer de discorde.
François Lelano
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