En Guinée, des milliers de jeunes quittent chaque année les universités avec des acquis théoriques reconnus. Mais entre diplôme en main et premier emploi, la transition reste difficile, faute d’opportunités concrètes d’immersion professionnelle.
C’est le constat dressé par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, à l’occasion du lancement officiel du Programme d’Excellence Féminine et d’Inclusion initié par l’UNICEF Guinée à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia.
Cette initiative de stages professionnalisants cible prioritairement les jeunes filles et les étudiants vivant avec un handicap.
Selon la ministre, plus de 15 000 jeunes diplômés arrivent chaque année sur le marché du travail avec des compétences académiques avérées. Pourtant, seuls 30 % parviennent à décrocher un emploi dans les douze mois suivant l’obtention de leur diplôme, illustrant ainsi la fragilité du passage entre l’université et l’entreprise.
« L’un des défis majeurs de notre système d’enseignement supérieur aujourd’hui est celui de l’insertion professionnelle des diplômés. Chaque année, plus de 15 000 jeunes diplômés arrivent sur le marché du travail avec des compétences académiques avérées. Néanmoins, l’accès à une première expérience professionnelle demeure difficile, puisque seulement 30 % trouvent un emploi dans les 12 mois suivant l’obtention de leur diplôme. Cette réalité est encore plus marquée pour les jeunes filles et pour les étudiants vivant avec un handicap, qui continuent de faire face à des obstacles supplémentaires dans leur parcours d’insertion. Face à ce constat, il nous appartient collectivement d’apporter des réponses concrètes et durables », a-t-elle précisé.
Pour tenter d’inverser cette tendance, l’UNICEF Guinée a lancé une première cohorte pilote de dix jeunes talents âgés de 18 à 25 ans. Pendant six mois, ils bénéficieront d’une immersion professionnelle encadrée au sein de l’institution, avec mentorat, accompagnement technique et exposition aux standards internationaux.
Pour le département de l’Enseignement supérieur, ce programme vient répondre à l’une des principales insuffisances du système actuel : le manque de passerelles entre la formation universitaire et les exigences du marché de l’emploi.
« Chères étudiantes, chers étudiants, ce programme constitue une opportunité réelle. Une opportunité de développer vos compétences, de renforcer votre expérience et de vous préparer à intégrer le monde professionnel. J’encourage particulièrement les jeunes filles ainsi que les étudiants vivant avec un handicap à saisir pleinement cette opportunité et à soumettre leur candidature. Osez vous engager. Osez vous positionner. Osez croire en votre potentiel. C’est ainsi que nous construirons une jeunesse plus confiante, plus compétente et résolument tournée vers l’avenir », a déclaré la ministre.
En clair, au-delà du diplôme, c’est désormais la capacité des jeunes à justifier une expérience pratique, une adaptabilité et une compréhension du monde professionnel qui conditionne durablement leur employabilité, a conclu Dr Diaka Sidibé.