Le patient Mamadou Yaya Camara recalé à l’aéroport : le DG de la SOGEAG apporte des précisions sur les exigences du transport médical aérien

Dans l’après-midi du mardi 5 mai, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer ce que la famille du patient Mamadou Yaya Camara considère comme un blocage à l’aéroport international Ahmed Sékou Touré de Conakry.

Selon les accusations relayées par les proches, une agente de la plateforme aéroportuaire aurait empêché l’embarquement du malade, pourtant accompagné par une ONG en partance pour le Sénégal dans le cadre d’une prise en charge sanitaire. Cette dernière est également accusée d’avoir déchiré le billet du médecin désigné par la famille pour accompagner le patient.

Joint tard dans la nuit du mardi au mercredi 6 mai, le Directeur Général de la Société de Gestion et d’Exploitation des Aéroports de Guinée (SOGEAG), Oumar Saïd Koulibaly, a tenu à apporter des précisions techniques sur ce dossier, insistant sur le fait que le transport d’un malade incapable de voyager en position assise obéit à des normes internationales strictes imposées par les compagnies aériennes.

Selon lui, le patient avait effectivement déjà accédé à bord d’un appareil de la compagnie Emirates avant que l’équipage ne constate son incapacité physique à effectuer le voyage dans un siège passager classique.

« Nous ne sont pas associés à ce niveau-là car toutes compagnies ont des normes à respecter en terme de sécurité.Un patient peut effectivement voyager allongé en avion grâce à un transport médical aérien sur civière. Dans un vol commercial aménagé, où plusieurs sièges sont retirés pour installer une civière sécurisée. Avant le voyage, la compagnie demande obligatoirement :un certificat médical,un formulaire médical (MEDIF),et l’accord de son médecin.Le jour du départ, le malade est transporté en ambulance jusqu’à l’avion, puis installé directement sur la civière avec assistance spéciale.Pendant tout le vol, il reste couché sous surveillance d’un médecin ou d’un infirmier, avec si besoin oxygène, perfusion ou médicaments.À l’arrivée, une ambulance le récupère pour le conduire à l’hôpital ou au domicile. Mais si le médecin n’a pas signalé celà et s’il pense qu’ils peuvent prendre des places d’affaires la compagnie ne peut pas accepter celà pour éviter d’être black-listé. »

À travers cette mise au point, la direction de la SOGEAG rappelle qu’en aviation commerciale, un patient non ambulatoire ne peut être admis à bord comme un passager ordinaire. Son évacuation nécessite obligatoirement une autorisation médicale préalable de la compagnie, un dossier sanitaire validé et surtout l’aménagement d’un dispositif de type stretcher (civière homologuée), conforme aux standards de sûreté et de sécurité aérienne.

Autre accusation formulée par la famille : celle d’une prétendue demande de 70 millions de francs guinéens qui aurait été exigée pour permettre l’évacuation du malade.

Sur ce point également, le Directeur Général réfute toute implication personnelle d’une employée de l’aéroport et explique que ce montant correspond en réalité aux coûts opérationnels facturés par la compagnie aérienne lorsqu’un vol commercial doit être reconfiguré pour accueillir un patient couché.

« Selon les compagnies internationales, on neutralise habituellement : 6 places minimum, jusqu’à 9 place et parfois 12 places ou 18 places sur gros porteurs. Ainsi, les places neutralisées doivent être payés y compris l’installation des kits sanitaires y afférant. C’est pourquoi la compagnie a demandé ce montant à la famille qui n’a pas pu papier. Mais c’est par ignorance qu’elle accuse les gestionnaires de l’aéroport.»

Dans l’industrie aéronautique, l’installation d’une civière à bord entraîne en effet la condamnation de plusieurs rangées de sièges, la pose de cloisons de confidentialité, l’intégration d’équipements médicaux de bord ainsi que la mobilisation d’une assistance spécialisée au sol et en cabine. Ces coûts sont systématiquement supportés par le demandeur ou par l’organisme d’évacuation sanitaire.

Ainsi, selon la direction de la SOGEAG, il ne s’agirait ni d’un refus arbitraire ni d’une entrave administrative, mais plutôt d’un défaut d’anticipation des procédures médicales exigées pour un transport sanitaire aérien international.

Cette affaire met une nouvelle fois en lumière la méconnaissance, par de nombreuses familles, des exigences réglementaires liées aux évacuations médicales par avion de ligne, souvent assimilées à tort à un simple embarquement prioritaire alors qu’elles relèvent d’un protocole aérien hautement sécurisé.

Guinee114.com

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