Examens nationaux : « si les autorités acceptent de conjuguer le même verbe que nous, nous pourrons parvenir à des examens plus ou moins crédibles »

Lors du conseil des ministres tenu le jeudi dernier, le président de la République a insisté sur la nécessité d’organiser des examens crédibles et transparents. Dans un entretien accordé à notre rédaction, Kabinet Keïta, responsable de la commission d’observation indépendante des examens nationaux a donné son avis sur l’exigence du chef de l’Etat. Avec notre interviewé, nous avons évoqué un certain nombre de questions qui pourraient menacer cette crédibilité dont on parle.

Le président de la République a insisté sur l’organisation d’examens nationaux crédibles et transparents cette année. Selon vous, quels sont aujourd’hui les principaux défis qui menacent cette crédibilité sur le terrain ?

Aujourd’hui, la principale problématique à laquelle l’organisation des examens nationaux est confrontée, c’est d’abord la maîtrise du fichier des examens.

Un fichier qui, depuis plus de 5 ou 7 ans maintenant, n’a pas été toiletté comme cela se doit. Et ça, c’est la première menace. Deuxièmement, c’est la sécurité des centres d’examen. Et troisièmement, c’est le choix des acteurs même qui entrent en ligne de l’organisation de ces examens. Je veux parler des délégués, des surveillants, etc. Donc, il faut que l’ensemble de ces personnes soient choisies sur ce qu’on appelle la base de l’intégrité et d’une moralité assez reconnue aux intéressés.

Donc, je pense qu’aujourd’hui, si ces paramètres sont maîtrisés plus ou moins, nous pourrons aller vers des examens transparents et crédibles. 

La commission d’observation indépendante des examens nationaux  dispose-t-elle de mécanismes suffisants pour surveiller efficacement le déroulement des examens dans tout le pays ?

Il faut d’abord savoir que nous sommes une organisation non-gouvernementale. Ce qui sous-entend que les moyens sont très limités, mais si les autorités acceptent de collaborer avec nous, d’abord, nous initions la campagne nationale de sensibilisation contre la fraude aux examens nationaux.

Deuxièmement, nous allons participer à ce qu’on appelle l’observation indépendante des examens nationaux. Donc, je pense que si les autorités acceptent de conjuguer le même verbe que nous, nous pourrons évidemment parvenir à des examens plus ou moins crédibles. 

Chaque année, des cas de fraude et de fuites de sujets sont dénoncés. Quelles mesures concrètes recommandez-vous pour limiter ces pratiques ? 

La fuite de sujets relève de la responsabilité exclusive du service examen. C’est la direction des examens et de contrôle scolaire qui doit, en réalité, prendre toutes les mesures pour éviter à ce qu’il y ait fuite de sujets. L’autre chose c’est la responsabilité au niveau central même du ministère, c’est évidemment la gestion des centres d’examen. Parce que l’utilisation des téléphones est un phénomène que nous connaissons, et nous craignons que l’expansion de l’intelligence artificielle ne soit une opportunité, entre guillemets, négative pour les élèves à l’effet de tricher leurs examens dans les centres d’examen. Donc, ce qui veut dire qu’il doit y avoir beaucoup de mesures de sécurité, de détecteurs de métaux, etc. Les brouilleurs de réseau pour permettre à ce que, franchement, personne ne puisse utiliser le téléphone dans les centres d’examen.

Quel message adressez-vous aux candidats, aux parents d’élèves et aux enseignants à quelques semaines du lancement des épreuves ? 

Bon, j’en appelle à une prise de conscience générale, d’abord à commencer par les enseignants. Il faut que l’éthique et la déontologie priment par-dessus tous les autres comportements. C’est ce qui peut vraiment garantir, disons, une école intègre. Côté candidats, ils ont eu au moins huit ou neuf mois pour se préparer. Je pense qu’il n’y a aucune raison qu’ils continuent de croire qu’il faut compter sur la fraude pour passer en classe supérieure. C’est le mérite qui doit être, évidemment, la récompense de tout ce qu’on fait en classe. Donc, chacun doit se préparer conséquemment.

Et les parents d’élèves doivent être un support psychologique pour les élèves pour que ceux-ci, parviennent à apprendre correctement leurs leçons en vue de réussir leurs examens.

Il faut noter que, la crédibilité des examens nationaux repose sur une collaboration étroite entre les autorités éducatives, la commission d’observation indépendante et l’ensemble des acteurs concernés. Comme l’a souligné le responsable de la commission, « si les autorités acceptent de conjuguer le même verbe que nous, nous pourrons parvenir à des examens plus ou moins crédibles ». À quelques semaines des épreuves, il est temps de passer des mots aux actes pour une école guinéenne intègre.

 Entretien réalisé par Mamadou Macka DIALLO

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