Stade Petit Sory : 50 millions FG en jeu, l’Agence guinéenne des spectacles pointée du doigt

La direction générale du stade Petit Sory de Nongo a publié un communiqué interdisant toute manifestation culturelle dans l’enceinte du complexe sportif. Notre reporter est allé vérifier les raisons de cette décision : un différend de paiement d’une redevance, d’un montant évalué à 50 millions de francs guinéens, opposerait l’administration du stade à la Direction guinéenne des spectacles à propos de l’organisation de concerts.

Selon une source anonyme bien informée, le communiqué fait suite à une lettre de la directrice de l’Agence guinéenne des spectacles adressée à l’administration du stade, exigeant la délivrance d’une licence d’exploitation et le paiement d’une redevance à l’État pour chaque concert organisé au stade. La Direction des spectacles soutiendrait que la tenue de concerts au stade justifie le paiement d’une redevance, certains parlent de 65 millions de francs guinéens , tandis que l’agence demanderait officiellement 50 millions par spectacle.

Notre interlocuteur précise que la majorité des événements organisés au stade sont gratuits et que peu de promoteurs s’acquittent de tels montants. « Pour le concert de Saïfon, pas un franc n’a été payé. Pour celui de Fiskila, idem et tant d’autres…, a-t-il affirmé. Seuls quelques artistes, comme Loulou, auraient payé intégralement, mais ces cas restent exceptionnels.

La source avance deux arguments : d’une part, si une redevance doit être perçue, cela relèverait normalement du ministère des Sports et non du ministère de la Culture ; d’autre part, le stade n’a pas été conçu comme lieu de spectacle. Cependant, en l’absence d’infrastructures culturelles adaptées en Guinée, le président KPC aurait mis le stade à la disposition des acteurs culturels, souvent gratuitement, pour soutenir la jeunesse et la vie culturelle. « Toute personne qui veut organiser son spectacle vient voir KPC ; il dit carrément : “je te donne le stade gratuitement” », rapporte la source.

Il a aussi rappelé que l’administration reconnaît néanmoins qu’un soutien financier est parfois demandé pour l’entretien du stade, un coût jugé important. Certains membres de la Direction des spectacles auraient même conseillé à leur directrice de renoncer à la demande de redevance « parce qu’on aide la culture ».

Face au litige, l’administration du stade aurait affirmé être prête à se conformer à une décision formelle des autorités compétentes. « Si l’on nous ordonne d’interdire, nous respecterons la décision », précise la source, en rappelant que la vocation du stade reste le sport et l’éducation.

La nouvelle a aussitôt suscité des réactions d’artistes dont les concerts étaient prévus au Petit Sory, notamment Yama Sega, Mélangeur, Mariam Ba, Lagaré et Koury Simple. À ce jour, aucun de ces artistes n’aurait versé la redevance, même si l’un d’eux a publié sur sa page qu’il maintiendrait son concert, rassurant ainsi ses fans.

La source ajoute qu’en cas d’injonction favorable de la présidence ou du ministère, le stade restera ouvert pour soutenir la jeunesse guinéenne.

Nous avons tenté à plusieurs reprises de joindre la directrice de l’Agence guinéenne des spectacles pour équilibrer cette information ; nos appels et messages sont restés sans réponse.

En résumé, c’est la demande de paiement d’une redevance présentée comme étant de 50 millions de francs guinéens par la Direction générale de l’Agence guinéenne des spectacles envers la direction du stade qui serait à l’origine de l’interdiction des manifestations culturelles au Stade Petit Sory.

François Lelano — 621 498 176

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