Kindia : 55 cadres réunis pour réviser les règles des manifestations et attroupements

Un atelier de deux jours consacré à l’actualisation des textes réglementaires encadrant les manifestations, attroupements, cortèges et défilés sur la voie publique s’est ouvert vendredi 26 juin 2026 à Kindia. L’activité, initiée par le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation à travers la Direction nationale des Libertés publiques et des Frontières (DNLPF), réunit 55 cadres issus de divers secteurs.

Dans son discours d’ouverture, le directeur national de la DNLPF, M. Moriba Magassouba, a rappelé l’enjeu démocratique de la séance : « Souvenons-nous : une liberté bien encadrée est une liberté qui dure. » Il a présenté l’atelier comme une étape nécessaire pour consolider un cadre légal cohérent garantissant l’exercice des libertés publiques en Guinée. « C’est avec une profonde responsabilité que je prends la parole aujourd’hui pour évoquer un sujet fondamental lié à la vie de notre nation, celui de l’exercice des libertés publiques, qui constitue le socle de toute démocratie véritable », a déclaré M. Magassouba.


Le directeur a invité les participants à imaginer un pays où chacun peut exprimer ses opinions, pratiquer sa religion, se réunir pacifiquement et circuler librement, tout en soulignant que ces droits ne sont jamais définitivement acquis et doivent être protégés par des textes clairs et respectés.

M. Magassouba a rappelé que les libertés publiques, liberté d’expression, de réunion, de presse, de conscience et de circulation sont consacrées par la Constitution du 26 septembre 2026, qui énumère les libertés protégées et renvoie également aux engagements internationaux. Il a toutefois insisté sur le fait que l’exercice de ces libertés n’est pas absolu et doit respecter des limites fixées par la loi, selon le principe de proportionnalité et l’intérêt général.

S’appuyant sur une citation de Jean Jacques Rousseau, le directeur national a insisté : « Il n’y a point de liberté sans lois, ni où quelqu’un est au-dessus des lois. » Il a également exposé les objectifs concrets de la retraite : « clarifier le cadre juridique national et international encadrant les libertés publiques ; analyser les mécanismes de protection, en particulier le rôle des forces de sécurité, des élus locaux et des administrateurs territoriaux ; identifier les défis actuels pour mieux équilibrer sécurité publique et respect des droits fondamentaux ; et proposer des pistes d’amélioration pour renforcer la garantie effective de ces libertés. »

Le responsable a également souligné la nécessité d’élaborer ou d’actualiser de nombreux textes d’application restés en suspens depuis la transition, notant que leur mise en œuvre est indispensable pour donner toute leur portée aux lois constitutionnelles adoptées récemment. Il a rappelé que l’absence ou l’obsolescence de ces textes contribue parfois aux troubles à l’ordre public observés dans les grandes villes et dans les zones minières.

Au cours des travaux, les participants sont invités à partager leurs expériences, questionner les pratiques existantes et formuler des recommandations concrètes et applicables. « La protection des libertés publiques n’est pas seulement l’affaire des juristes ou des institutions : c’est une responsabilité collective », a affirmé M. Magassouba, en appelant à un travail conjoint pour bâtir « un environnement où chaque citoyen se sent libre, respecté et protégé par la loi ».

L’atelier de Kindia doit se poursuivre jusqu’à samedi et s’attelle à produire des propositions de textes réglementaires visant à mieux encadrer les manifestations sur la voie publique, tout en préservant les droits fondamentaux et la sécurité des citoyens.

François Lelano — 621 498 176

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