À Conakry, un atelier d’information et de sensibilisation a réuni des acteurs des médias et de la société civile autour de l’Accord BBNJ, un traité international consacré à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales. Les participants ont été appelés à jouer un rôle actif dans l’information, le plaidoyer et le suivi du processus de ratification par la Guinée.
La protection des océans et la préservation de la biodiversité marine étaient au centre d’un atelier organisé à Conakry à l’intention des professionnels des médias et des acteurs de la société civile. Cette rencontre vise à renforcer la compréhension des enjeux liés à l’Accord BBNJ et à préparer une mobilisation collective en faveur de sa ratification par la Guinée.
Adopté dans le cadre des Nations Unies, l’Accord BBNJ porte sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine dans les zones situées au-delà des juridictions nationales. Il vient compléter la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, connue sous le nom de Convention de Montego Bay, en apportant de nouveaux mécanismes de coopération internationale, de recherche scientifique, de transfert de technologies et de protection des écosystèmes marins.
La Guinée appelée à franchir une nouvelle étape
Selon les organisateurs, la Guinée, en tant que pays côtier disposant d’importantes ressources marines, a un intérêt stratégique à avancer dans ce processus.« La Guinée est un pays côtier avec une riche biodiversité. Nous avons intérêt à contribuer à ce processus », a déclaré Mamadou Diawara, directeur exécutif de Guinée Écologie.
Il rappelle que la Guinée a déjà signé cet accord en juin de l’année dernière et que l’enjeu est désormais d’accompagner cet engagement politique vers la ratification.« Il faut rassembler tous les acteurs. L’État a un rôle particulier, les parlementaires, la société civile, les médias, les communautés locales et même les acteurs privés. Chacun a un rôle à jouer dans ce processus », a-t-il souligné.
Un enjeu pour la protection du littoral guinéen
Pour Guinée Écologie, la ratification de cet accord représente une opportunité pour renforcer la protection des ressources marines guinéennes.
Les zones situées au-delà des juridictions nationales, bien qu’elles ne relèvent pas directement du contrôle des États, jouent un rôle important dans l’équilibre des écosystèmes marins.
Mamadou Diawara explique que les perturbations dans ces espaces peuvent avoir des conséquences sur la biodiversité locale. « Lorsqu’il y a des impacts sur cette zone, il y a une rupture de connectivité entre les écosystèmes qui servent à ces espèces de migration », a-t-il indiqué, évoquant notamment les tortues marines qui traversent ces espaces.
Selon lui, la préservation de ces zones contribue également à protéger les ressources halieutiques, les écosystèmes de mangrove et la santé des populations côtières.
Les médias et la société civile, des acteurs incontournables
Présent à l’ouverture des travaux, Seydou Bari Sidibé, conseiller principal au ministère de l’Environnement et du Développement durable, a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective.« Le processus de préservation, de protection, de conservation et de gestion durable de l’environnement n’est pas l’affaire d’une seule entité. Il faut mobiliser l’ensemble des acteurs de l’environnement », a-t-il déclaré.
Pour lui, la presse et les organisations de la société civile occupent une place essentielle dans ce processus.« La presse pour l’information, la société civile pour rendre opérationnel tout ce qui sera planifié dans le cadre de l’effectivité de ce traité », a-t-il précisé.
Les participants ont ainsi été invités à vulgariser le contenu de l’Accord BBNJ auprès du grand public, à sensibiliser les communautés côtières et à assurer une veille citoyenne sur les engagements pris par l’État.
Vers une stratégie commune de plaidoyer
Au cours de l’atelier, les participants ont également travaillé sur une stratégie de plaidoyer destinée aux institutions nationales, notamment l’Assemblée nationale et le gouvernement.
Cette stratégie prévoit plusieurs actions : renforcer les capacités des journalistes sur les questions de biodiversité marine, sensibiliser les décideurs publics, produire des contenus d’information accessibles et accompagner le processus de mise en œuvre après la ratification.
Les acteurs estiment que l’expérience de plusieurs pays africains, notamment le Sénégal et la Sierra Leone, montre l’importance d’une collaboration entre pouvoirs publics, scientifiques, médias et société civile.
Pour les participants, l’objectif est désormais de faire de l’information et du plaidoyer des leviers afin que la Guinée puisse pleinement défendre ses intérêts maritimes et contribuer à la protection durable des océans.
Mariama Sadjo Camara 623 286 813


