Conakry, le 15 Juillet 2026
PLAIDOYER POUR UNE RUPTURE HISTORIQUE : UNE FEMME AU PERCHOIR DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE
À l’occasion de l’ouverture historique de la première session de l’Assemblée Nationale ce vendredi 17 juillet 2026, le consortium du GTFJS-AS/GN lance un appel solennel aux décideurs, aux forces politiques, aux partenaires de la transition et aux parlementaires pour faire de cette législature celle de la rupture, de la justice sociale et de l’inclusion réelle.
68 ans d’histoire parlementaire : Brisons enfin le plafond de verre
Depuis la proclamation de l’indépendance de la République de Guinée le 2 octobre 1958, l’histoire de notre parlement s’est écrite presque exclusivement au masculin. En près de sept décennies, aucune femme n’a accédé à la présidence de l’Assemblée Nationale.
De la première législature à nos jours, le « perchoir » est resté un bastion inaccessible aux femmes, reléguant la moitié de la population guinéenne au second plan de la décision législative. Cette absence historique au sommet de la représentation nationale n’est plus justifiable. Elle est un frein à notre développement démocratique et un démenti aux ambitions de modernité que nous affichons.
« Il est temps de mettre fin à cette anomalie historique. En 2026, la Guinée doit oser la nouveauté, l’équité et le courage politique en confiant, pour la toute première fois de son histoire, la présidence de l’Assemblée Nationale à une femme. »
Au-delà des chiffres : Pour un partage effectif du pouvoir législatif
La participation politique des femmes ne peut plus se limiter à des quotas numériques ou à une présence de façade dans l’hémicycle. Elle doit s’incarner dans l’exercice effectif du pouvoir décisionnel.
Nous plaidoyons fermement pour un positionnement stratégique des femmes à la tête des instances clés de l’institution :
La Présidence de l’Assemblée Nationale (Le Perchoir) : Symbole de l’unité nationale, de la neutralité et du renouveau démocratique.
La Présidence des Commissions Permanentes Clés : Les femmes doivent diriger des commissions régaliennes et stratégiques (Lois, Finances et Budget, Défense et Sécurité, Affaires Étrangères) et pas seulement celles traditionnellement étiquetées comme « sociales ».
Pourquoi le leadership féminin est une urgence nationale ?
L’expérience nationale et internationale démontre que l’accès des femmes aux responsabilités politiques transforme positivement la gouvernance. Choisir une femme pour diriger le Parlement guinéen, c’est garantir :
Une gouvernance rigoureuse et transparente : Une gestion axée sur les résultats, l’éthique et la reddition de comptes.
La recherche constante du consensus : Une approche politique inclusive, essentielle pour apaiser le climat social et consolider la paix nationale.
Une sensibilité accrue aux priorités de développement : Une attention renforcée aux enjeux de santé publique, d’éducation nationale, d’autonomisation économique et de protection de la petite enfance.
Respecter nos engagements internationaux
En franchissant ce pas historique, la Guinée ne ferait pas seulement preuve de justice interne ; elle honorerait également ses engagements internationaux et régionaux en matière d’égalité des genres, notamment :
La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW).
Le Protocole de Maputo de l’Union Africaine.
L’Objectif de Développement Durable 5 (ODD 5) des Nations Unies.
Le monde observe le démarrage de cette nouvelle législature. Faisons de cette transition un modèle d’évolution sociétale pour toute l’Afrique de l’Ouest.
Osons le choix de la compétence, de l’équité et du progrès historique.
Osons une femme au perchoir de l’Assemblée Nationale de la République de Guinée.
Ce plaidoyer est proposé par le GTFJPS-AOS/GN dans le cadre du projet « Leadership des organisations féminines pour des élections pacifiques et inclusives et pour une paix durable post-transition en Guinée ».


