L’Institut français de Guinée, via Campus France Guinée, a organisé, le samedi 18 juillet 2026, une rencontre d’échange et d’information entre les étudiants guinéens admis en France pour la rentrée universitaire 2026 et les responsables du projet Simandou. La cérémonie a été présidée par le Premier ministre Amadou Oury Bah, en présence de membres du gouvernement et de l’ambassadeur de France en Guinée et en Sierra Leone.
La réunion, dédiée à l’orientation et à la mobilité étudiante, a réuni élèves, partenaires institutionnels et industriels autour du projet Simandou. L’objectif était de rappeler aux jeunes que partir se former en France n’est pas une fin en soi, mais une étape d’un parcours dont l’aboutissement logique est le retour en Guinée pour contribuer à la transformation économique du pays.
Cette rencontre visait à favoriser les échanges sur les perspectives offertes par les études supérieures, le développement des compétences et les opportunités liées au projet Simandou.
Kadiatou Koura Camara, étudiante admise à l’université de Montpellier en faculté de droit, s’est distinguée par une intervention remarquée. « Je suis très contente de participer à cette rencontre. Le ministre était là aujourd’hui pour nous parler de l’importance de ce que les jeunes vont apporter au projet Simandou une fois qu’ils iront en France acquérir des connaissances puis reviendront servir la Guinée », a‑t‑elle souligné.
Malgré les difficultés rencontrées durant la procédure Campus France, elle dit avoir tenu bon. « C’était très compliqué, mais, par la grâce de Dieu, ça s’est très bien passé. Nous avons tenu jusqu’au bout. Mon conseil ne concerne pas seulement les étudiants : je vise aussi nos frères, nos petites sœurs qui sont encore au primaire ou au lycée. Quand on a un projet de voyage, il ne faut pas attendre l’université. Il faut se préparer dès le primaire et le collège, travailler en cours et toujours donner le meilleur de soi-même », a‑t‑elle conseillé.
Jean‑Luc Briard, ambassadeur de France en Guinée et en Sierra Leone, a félicité les admis dans les universités françaises et insisté sur la nécessité de revenir. « Félicitations pour vos admissions dans nos excellentes universités. Mais aujourd’hui, il faut revenir. Simandou Académie fonctionne comme une sorte de grande chasseuse de têtes, chargée d’identifier les besoins de l’économie guinéenne à 5, 10, 15 ans. L’esprit de Simandou Académie est de savoir où seront les besoins de l’économie guinéenne dans les années à venir. Aujourd’hui, cette structuration se concentre sur l’exploitation de la méga‑mine de Simandou, mais celle‑ci va irriguer l’ensemble des secteurs économiques de la Guinée », a‑t‑il déclaré.

L’ambassadeur a rappelé que ce travail n’est pas fortuit : « Cette réalité n’est pas le fruit du hasard, c’est un énorme travail que nous faisons, parce que nous avons la langue française en partage et un système administratif commun. Notre but est de répondre aux besoins de l’économie impulsés par les autorités guinéennes. Vous partez via Campus France, et il faudra revenir pour valoriser ce que la Guinée a investi en vous, car, jusqu’au bac, un investissement considérable a été consenti par les autorités guinéennes. »
Dr Amara Diawara, responsable de Campus France Guinée, a posé les bases d’une vision à long terme de l’orientation. « Le parcours d’un étudiant ne commence pas quand il ouvre un dossier sur la plateforme Études en France. Il commence bien plus tôt, dans la petite enfance, lorsque se construisent le langage, la curiosité, la confiance en soi et le goût d’apprendre », a‑t‑il affirmé. Selon lui, l’orientation doit débuter au collège, car « une vocation ne se décrète pas à 18 ans, elle se découvre, se nourrit et se construit ».
Il a présenté les chiffres de la campagne 2025–2026 : 9 500 dossiers déposés, 8 250 validés et, au final, 1 450 admissions dans des établissements publics français, un record depuis la mise en place de Campus France en 2007. Sur 587 demandes de visa, 470 ont reçu un avis favorable (80%). Mais il a averti : « Une admission ou un visa ne constitue pas encore une réussite. La réussite commence véritablement lorsque l’étudiant obtient son diplôme, maîtrise une compétence et trouve la possibilité de l’exercer. »
Dr Diawara a insisté sur la nécessité de renforcer aussi les formations en Guinée. « Tous les jeunes n’ont pas vocation à étudier à l’étranger. Tous ne devraient pas non plus être obligés de partir pour bénéficier d’une formation de qualité. L’enjeu est de maintenir une double ambition : permettre des mobilités internationales d’excellence tout en renforçant ici, en Guinée, les universités, les centres de formation et les écoles professionnelles. La mobilité ne doit pas devenir un exil académique, elle doit devenir une circulation de compétences. Revenir, c’est gagner en liberté. »
Prenant la parole, le Premier ministre Bah Oury a rappelé que le projet minier de Simandou est entré en phase d’exploitation. « Il ne suffit pas d’aller à l’école pour obtenir une qualification. Il faut une réorientation et un meilleur suivi pour former des hommes et des femmes capables de soutenir l’ambition de transformer l’agriculture et les autres secteurs », a‑t‑il déclaré.
Il a cité l’exemple de Singapour : « Ce n’est pas tombé du ciel. Dans un premier temps, ils sont allés chercher les meilleures expériences et pratiques partout dans le monde, puis ils les ont ramenées chez eux. » Son message aux étudiants a été clair : « Allez étudier sérieusement. Vous ne partez pas pour faire du tourisme. Vous allez étudier et le pays a besoin de vous. »

Bah Oury a appelé à un meilleur encadrement, en association avec le Service national des bourses, sans s’immiscer dans les politiques des établissements. « L’objectif final est qu’aucun de ces jeunes ne se perde au cours de ce long parcours. Nous ferons le maximum pour que les ambassades, les services culturels et autres accompagnent les étudiants dans les capitales, afin qu’aucun d’entre eux ne se sente abandonné », a‑t‑il conclu.
La cérémonie a été embellie par un panel de haut niveau, animé par les ministres Bouna Keita, le ministre Ismaël Nabé, le directeur général de trans Guinée Gnagnalé Barry et un partenaire français.
François Lelano – 621498176


