Recrudescence des accidents de la circulation : Ousmane Gaoual pointe les responsabilités et annonce un plan d’urgence

​Face aux multiples accidents de la circulation qui continuent d’endeuiller des familles sur les routes guinéennes, le gouvernement hausse le ton. Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 27 juillet 2026, le ministre des Transports, Ousmane Gaoual Diallo, s’est exprimé sans détour sur la recrudescence inquiétante de ce fléau. Évoquant un constat d’indiscipline généralisée, le ministre a appelé à une prise de conscience collective, pointant la responsabilité partagée entre chauffeurs, passagers, syndicats et forces de l’ordre.

​« Les routes tuent. Pas plus qu’il y a deux jours à Labé, en plein centre-ville, un camion fou est allé percuter des motocyclistes : deux personnes ont perdu la vie sur place. Tous les jours, nous avons des drames comme ça », a déploré le ministre.

Au-delà de l’imprudence sur les routes, le ministre a fustigé le règlement à l’amiable qui selon lui entrave l’action de la justice.« Que faut-il faire finalement ? Faut-il changer la législation pour avoir une justice plus répressive ? Faut-il sortir du « social » ? Lorsqu’un chauffeur fait un accident et tue des gens, les parents du chauffeur ou de l’entreprise vont voir la famille de la victime pour faire une transaction sociale (présenter des excuses, pardonner, prier) sans judicialiser le processus. L’État a du mal à sanctionner dans ces conditions.

L’indiscipline est flagrante. J’ai vu la vidéo de l’accident qui a fait 13 ou 14 morts la dernière fois : voir un véhicule quitter sa route en plein jour pour aller rentrer dans un camion. On se demande si le chauffeur dormait ou s’il était ivre.

La presse a un rôle pour conscientiser, mais quelle est aussi la responsabilité des passagers ? Comment un père de famille accepte-t-il de monter avec ses enfants dans un véhicule surchargé prévu pour 7 places où ils se retrouvent à 14 ou 15 ? Quelle est la responsabilité des chefs de gare routière, des postes de police à la sortie des villes, de la gendarmerie en rase campagne ? », a-t-il martelé.

Le porte-parole du gouvernement rejette l’idée que le ministère soit le seul comptable de ces tragédies récurrentes, il rappelle que le Code de la route et le Code pénal existent déjà. Le défi majeur réside dans leur application rigoureuse et systématique. « Quand le drame arrive, on accuse le ministère des Transports. Mais la réglementation et le Code de la route existent. Quand il y a des manquements, le Code pénal est là pour sanctionner. Le problème est l’application de ces instruments. C’est pourquoi nous mettons en place un plan d’urgence accompagné de moyens financiers : équipement des policiers, caméras de contrôle pour verbaliser et sanctionner les infractions, même a posteriori grâce aux plaques d’immatriculation », a déclaré Ousmane Gaoual DIALLO.

Il faut toutefois noter que la plupart des accidents mortels sont causés par des dépassements dangereux, ainsi que par l’état défectueux ou les défaillances des véhicules.

Mamadou Macka Diallo
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