Minerais critiques en Guinée : miniers et géologues unissent leurs expertises

Les experts du secteur minier et de la géologie ont tenu, mardi 11 août 2026, la deuxième session du groupe de travail consacré aux minerais critiques en Guinée. Cette rencontre a réuni des géologues, des ingénieurs des mines, des économistes ainsi que des spécialistes de l’analyse de données autour des enjeux liés au développement et à la valorisation des ressources minières du pays.

L’objectif de cette plateforme est de réfléchir à l’avenir du secteur minier guinéen et de définir des actions concrètes en faveur d’une meilleure connaissance, d’une transformation accrue et d’une valorisation durable des minerais critiques.

Pour Abdoula Wab Diakaby, directeur général du cabinet Awa de Miral Environnement Consulting et responsable du pôle Économie et Stratégie, les minerais critiques sont désormais au cœur des enjeux géopolitiques et géostratégiques mondiaux. « À l’heure du développement fulgurant que connaît l’humanité et de la transition énergétique, il est important pour tous les pays de réfléchir à la manière de développer ces minerais, considérés comme critiques par les uns et stratégiques par les autres », a-t-il déclaré.

Selon lui, le potentiel minier de la Guinée reste encore insuffisamment connu et nécessite une meilleure coordination entre les différents acteurs. La plateforme entend ainsi harmoniser les positions, approfondir les connaissances, fixer des objectifs et définir des axes stratégiques pour favoriser un développement durable du secteur.

Elle regroupe des professionnels issus de plusieurs domaines, notamment les miniers, les géologues, les geoeconomistes, les juristes miniers,. À terme, cette structure ambitionne de proposer une vision commune et de conseiller le gouvernement dans l’élaboration de sa politique de développement des minerais stratégiques.

Dr Daouda Keita, directeur général de l’Institut supérieur des mines et de la géologie de Boké, a souligné l’importance stratégique des ressources minières. Il a toutefois rappelé que les minéraux critiques, les métaux critiques et les terres rares ne désignent pas exactement les mêmes catégories de ressources.

Selon lui, chaque pays doit évaluer son potentiel, connaître la composition de ses réserves et anticiper les utilisations futures de ses minerais afin de mieux les préserver et d’assurer la stabilité de son économie.

Évoquant le projet Simandou, Dr Daouda Keita a insisté sur sa complexité. Un projet minier, a-t-il expliqué, ne se limite pas à l’exploitation d’un gisement. Il englobe plusieurs métiers, des infrastructures, des compétences et la gestion de nombreux impacts.
Il a appelé à la diversification des activités, à une participation accrue des entreprises guinéennes et au développement de l’entrepreneuriat national. Pour lui, la protection des ressources et la mise en place d’une politique coordonnée sont indispensables pour faire du projet Simandou un véritable levier de développement économique et social.

De son côté, Ismaël Diakité, ingénieur des mines, a expliqué que la rencontre avait permis de réunir plusieurs compétences autour d’un même objectif. « Nous avons réuni des géologues, des ingénieurs des mines, des spécialistes de l’analyse de données et des économistes pour engager un débat sur les minerais critiques, notamment ceux qui existent en Guinée », a-t-il indiqué.

Les participants souhaitent aller au-delà des simples indices miniers afin d’intensifier la recherche géologique et minière. « La Guinée dispose notamment de ressources en cuivre, en nickel et en cobalt, des minerais devenus essentiels pour la transition énergétique, les nouvelles technologies et le développement industriel », a-t-il rappelé, soutenant que la finalité de ces échanges aboutira à une documentation. « Les travaux doivent aboutir à l’élaboration d’un document en deux volets. Le premier portera sur les stratégies et les projets structurants à mettre en place pour favoriser la transformation, la diversification et l’utilisation de ces minerais sur les marchés guinéen, africain et mondial. Le second volet sera consacré à des projets concrets susceptibles de constituer un portefeuille destiné à attirer des investisseurs stratégiques. »

Ces investissements devraient contribuer à renforcer la chaîne de valeur minière, à créer des emplois, à développer les compétences nationales et à favoriser l’émergence de pôles technologiques liés à la numérisation et à la digitalisation de l’économie. Ces experts comptent également mettre en place, à l’avenir, une première plateforme de réflexion consacrée aux thématiques liées aux mines et à la géologie.

François Lelano Lelano – 621498176

Articles similaires