Au complexe de loisirs de la Plage Camayenne, l’un des nouveaux joyaux architecturaux de la capitale, la Présidence et le Gouvernement ont réuni, ce lundi 19 octobre 2026, les médias nationaux et internationaux pour un exercice d’explication républicaine à découvert, embrassant sans fard les questions clivantes de l’actualité.
Au micro, le journaliste Amadou Mbonet Camara cadence les échanges avec maestria. Le porte-parole adjoint de la Présidence de la République, le conseiller personnel du chef de l’État, Elhadj Thierno Mamadou Bah, introduit les prises de parole en rappelant l’exigence d’une parole publique unie et cohérente, en déclarant notamment que sur les sujets qui engagent la Nation, l’État parle d’une seule voix. La Présidence en porte le sens et les orientations, le Gouvernement la mise en œuvre, les ministres les précisions propres à leur secteur.
Sur les questions de souveraineté, d’équité et de transformation sociale, le pouvoir exécutif décline sa stratégie avec méthode.
Revenant d’abord sur la portée de l’Adresse à la Nation prononcée à la veille du 68è anniversaire de l’indépendance, le ministre-secrétaire général et porte-parole principal de la Présidence, le général Amara Camara, insiste sur la feuille de route du président Mamadi Doumbouya. Il rappelle à ce sujet qu’il s’agit non d’un discours de commémoration, mais d’un discours d’orientation. La souveraineté conquise le 2 octobre 1958 ne se proclame pas, elle se construit chaque jour.
Il décline les priorités orientées vers la jeunesse, la valorisation du programme Simandou 2040, l’ordre et l’unité nationale, avant de détailler la mesure de grâce accordée à 529 personnes, dont l’opposant Aliou Bah, leader du parti Model.
Il s’interroge et explicite la démarche en ces termes : « Pourquoi ce stage ? Pour trois raisons essentielles. La première, les sorties de prison constituent des moments de fragilité pour ceux qui y étaient. Quand on sort de prison, en général, les gens n’ont pas beaucoup de repères, ils n’ont pas beaucoup de ressources. Les familles d’accueil ne sont pas prêtes à les accueillir. Le stage est une façon de leur permettre de profiter favorablement de leur mise en liberté. Pour cela, il faut pouvoir les protéger. »
Il poursuit en éclairant la dimension civique et sécuritaire du dispositif et précise que « la deuxième raison, la citoyenneté, ça s’apprend tout au long de notre vie. Ça peut également se réapprendre. Pour pouvoir le faire, un programme de formation est conçu par le ministère de la justice et celui de la défense nationale. C’est le lieu de saluer le travail qui s’accomplit. Les bénéficiaires du stage se réjouissent de l’enseignement dispensé à leur profit. La troisième raison, c’est pour préparer leur réinsertion. Ce stage prépare le retour en famille, dans la communauté, dans la vie professionnelle pour certains d’entre eux. Il se conclut par une attestation qui montre que cette personne passe cette étape et qu’elle ne représente pas un danger pour la société. »
Dans le même esprit de cohésion républicaine, le Général Camara salue le parcours de l’ancien Premier ministre Sidya Touré et rappelle qu’« il fut Premier ministre de 1996 à 1999, il fut également député de la République. Il y a beaucoup de sujets par rapport à son décès. Nous souhaiterions ici dire que le Premier ministre Sidya est décédé. Pour le respect de sa mémoire, pour le respect de son âme, nous ne voulons pas que ces sujets continuent à être entretenus. Ce que nous demandons à chacun, c’est de prier pour le repos de son âme. Il a servi la Guinée, il a aimé ce pays. Une de nos religions nous recommande de ne dire que du bien de ceux qui sont partis. Il fut un monsieur bien, paix à son âme. »
Évoquant les évacuations sanitaires d’anciens dignitaires comme Ibrahima Kassory Fofana et Amadou Damaro Camara, il clarifie la doctrine de l’État en affirmant que « ces autorisations répondent à des raisons exclusivement sanitaires. Ce n’est ni une amnistie, ni un arrangement, ni une remise en cause des procédures judiciaires en cours. Mais un État fort n’est pas un État sans cœur. La Guinée que veut le chef de l’État juge sans haine et sanctionne sans acharnement. »
Il décrit ensuite la tournée d’inspection menée le jour même par le chef de l’État. En observant que, « comme à ses habitudes, le président de la République, quand il donne des instructions, sait veiller à leur exécution. Aujourd’hui, spécifiquement, dans son agenda, il s’agit de visiter la cité administrative de Koloma pour savoir si les travaux avancent très bien. C’est une visite pour savoir l’état d’avancement. L’objectif qu’il assigne à l’ensemble des équipes, c’est que ces chantiers se livrent au plus tard à la fin de cette année. Il se rend ensuite sur le chantier de l’Assemblée nationale où il donne des directives, puis sur le site des logements sociaux de Sonfonia Lac. À Wanindara, les populations se mobilisent très massivement pour lui barrer la route et souhaitent que le président descende et leur serre les mains. Pour elles, cette opération consiste à dire merci au chef de l’État pour la grâce qu’il fait aux populations de Wanindara qui attendent depuis plus de 68 ans d’être enfin propriétaires des terres qu’elles occupent depuis des décennies. »
Tout pour le quotidien des citoyens
Prenant le relais pour le Gouvernement, le ministre de la Modernisation de l’Administration et porte-parole Faya François Bourouno expose les décisions prioritaires qui touchent le cadre de vie de la population.
Il confirme la fermeté de l’interdiction des plastiques jetables tout en expliquant la décision d’accorder un moratoire ciblé de six mois sur les sachets d’eau minérale, en rappelant que « ce décret, avec toute la réglementation qui va avec, notamment les arrêtés qui sont pris, ne sont pas de simples actes réglementaires, ce sont de véritables politiques publiques. Le gouvernement veut changer les modes de comportement, les modes de consommation pour faire en sorte qu’on quitte le virage d’utilisation des déchets qui polluent notre environnement, des déchets qui mettent en péril notre vie, des déchets qui sont à la base de la saleté dans nos villes. »
Il met en relief les premiers constats du terrain tout en fixant les limites de l’assouplissement. Et indique qu’« il y a aujourd’hui une baisse drastique constatée par nous tous des déchets plastiques dans des espaces publics, c’est une réalité et c’est un produit de ce décret. Mais écouter n’est pas reculer. Ce moratoire est une mesure ciblée et limitée dans le temps pour garantir la continuité de l’accès à l’eau potable. Notre cible n’est pas le commerçant, c’est le plastique qui étouffe nos villes. Les déchets sont une menace, mais en voulant régler le problème des déchets, nous voulons créer des opportunités pour créer des emplois, notamment des emplois verts. » Pour préserver le pouvoir d’achat des ménages pendant cette période, l’État plafonne le prix du pack de six bouteilles d’eau de un litre et demi à 25 mille francs guinéens et prévient que les spéculations font l’objet de contrôles rigoureux.
En parallèle, l’Exécutif déploie un plan massif de plus de six cent millions d’euros pour garantir la souveraineté hydraulique du pays.
« La question de l’eau est une priorité absolue du gouvernement », martèle Faya François Bourouno avant d’égrener les investissements prévus. En soulignant que « nous avons aujourd’hui l’un des plus grands projets d’eau potable initiés dans la sous-région, avec un financement de plus de 600 millions d’euros. Nous avons aujourd’hui tous les partenaires qui se mobilisent autour de la Guinée pour accompagner notre pays à réussir cette transition qui permet à chaque citoyen guinéen d’accéder à l’eau potable. Au mois de juin dernier, le ministère en charge de ce secteur lance ce projet qui permet déjà, sur Conakry, de remettre en état 13 stations de traitement d’eau potable. 16 de nos villes bénéficient aussi de 23 stations de traitement. En plus de cela, aujourd’hui, 1 600 points d’eau s’initient pour le bénéfice de notre population. La vision du chef de l’État, c’est de créer un cadre de vie propre, un cadre de vie qui permet aux Guinéens de vivre dans des conditions de salubrité. »
Le général Amara Camara clôture la rencontre en soutenant à travers une formule synthétique que « fermeté, parce que l’État tient ses décisions. Humanité, parce qu’il sait écouter et ne détourne jamais le regard de la souffrance. Unité, parce que nos divergences ne doivent jamais l’emporter sur notre commune appartenance à la Guinée. »
À travers ce grand oral face à la presse, réuni sans concession à l’initiative des porte-parolats de la Présidence et du Gouvernement, l’Exécutif inaugure une méthode de communication offensive et décomplexée. Il choisit d’affronter directement les sujets les plus sensibles de l’actualité devant les journalistes nationaux et internationaux. Cette démarche inédite consacre ainsi le choix du parler-vrai et du contact direct.
Par Alpha A. Diallo


