À l’occasion de l’accession de Julius Maada Bio à la présidence en exercice de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) a tenu à lui adresser une lettre ouverte au ton grave, dénonçant les dérives autoritaires en Guinée. Signée par Alseny Farinta Camara, responsable à l’organisation du FNDC, cette lettre, transmise ce week-end, alerte sur les enlèvements arbitraires et les disparitions forcées de membres influents de la société civile guinéenne, notamment Oumar Sylla alias Foniké Menguè, et Mamadou Billo Bah.
Dans une démarche alliant respect institutionnel et cri de détresse citoyen, l’activiste commence par saluer la nomination du chef d’État sierra-léonais lors du 67e sommet de la CEDEAO tenu à Abuja le 22 juin dernier. « Je voudrais au nom de la société civile guinéenne, vous souhaiter une mission fructueuse et pleine de succès au service exclusif des peuples ouest africains. Je tiens à saluer votre engagement et votre leadership qui sauront sans doute inspirer la jeunesse de notre espace communautaire à relever les défis démocratiques et la protection des droits humains. »
Mais rapidement, les félicitations laissent place à une interpellation solennelle. Pour le FNDC, la Guinée vit une situation alarmante marquée par des violations graves des droits fondamentaux, en toute impunité. L’auteur de la lettre attire ainsi l’attention du président en exercice de la CEDEAO sur des cas précis, notamment ceux de Foniké Menguè et de Billo Bah, disparus depuis près d’un an. « Je saisi cette occasion pour vous interpeller solennellement sur les enlèvements arbitraires et les disparitions forcées des grandes figures de la société civile guinéenne en l’occurrence Oumar Sylla dit Fonikė Menguè, Coordinateur du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) et Mamadou Billo Bah, Responsable de la mobilisation du FNDC et Coordinateur de Tournons La Page Guinée ainsi que d’autres citoyens épris de paix, de démocratie et l’Etat de droit. »
Ces disparitions, selon le FNDC, s’inscrivent dans un contexte de répression croissante à l’égard de toute voix discordante, notamment celles qui dénoncent la fermeture des médias, la vie chère et le manque de perspectives démocratiques dans le pays. Le courrier rappelle. « Je tiens également à vous informer que bientôt douze (12) mois depuis que Oumar Sylla, et Mamadou Billo Bah ont été enlevés par les autorités militaires au pouvoir alors qu’ils participaient à une campagne pacifique dénonçant la fermeture injustifiée des médias et la cherté de vie en Guinée. »
Face à ce qu’il qualifie de mépris des autorités guinéennes, le FNDC appelle Julius Maada Bio à faire entendre la voix de la CEDEAO pour que justice soit rendue et que cessent les dérives d’un régime jugé arbitraire. Alseny Farinta Camara conclut son plaidoyer en ces termes. « Au regard du mépris et de l’arrogance qui caractérisent nos autorités sur le sort de ces citoyens plongeant leurs familles dans une angoisse permanente et insupportable, je vous plaide de bien vouloir mettre votre engagement et votre leadership communautaire pour obtenir la mise en liberté inconditionnelle de nos compatriotes pour la paix et la sécurité durable en Guinée. Ce d’autant plus que le Gouvernement du général Mamadi Doumbouya reste silencieux et qu’aucune enquête n’a été ouverte sur les enlèvements arbitraires et disparitions forcées devenues une méthode de gouvernance du régime militaire»
LETTRE OUVERTE JULIUS MAADA BIO


