Au cours de la conférence de presse conjointe ce mardi à Conakry après une séance de travail entre les Premiers ministres guinéen et malien, un sujet a été évoqué : la crise de carburant et, plus largement, la situation sécuritaire du Mali. Devant les médias après leur entretien en présence d’autres membres des deux gouvernements, Amadou Oury Bah et Abdoulaye Maiga n’ont pas échappé à la question de savoir ce que Conakry proposerait concrètement pour venir en aide au Mali confronté à une crise de carburant.
«Les ministres sectoriels ont en charge certains aspects techniques en relation avec la question que vous venez de poser. Ce sont des questions qui méritent des réponses concrètes sans aucune forme de publicité», réagit Amadou Oury Bah.
Plus loin, répondant à une autre question, cette fois sur l’existence ou pas d’échanges de renseignements ou de patrouilles mixtes, Amadou Oury Bah déclare que «dans l’approche globale, la Guinée est suffisamment attentive à tout ce qui peut affecter aussi bien la stabilité de la République du Mali que la stabilité de la République de Guinée et beaucoup plus largement à la stabilité de l’Afrique de l’Ouest. Des réponses pratiques seront données en fonction de l’évolution des situations sur le terrain».
A son tour, le Premier ministre malien invite à «remettre la crise de carburant dans ses proportions réelles». «En 2012, ce sont des groupes qui contrôlaient des régions entières. Aujourd’hui ce sont des groupes qui se retrouvent à perturber les circuits logistiques. C’est un indicateur réaliste de la pression subie par ces groupes terroristes», mentionne le Premier ministre du Mali.
Puis, Abdoulaye Maiga, citant notamment le média français RFI, accuse une guerre informationnelle, une propagande. Sinon, «Bamako (la capitale de Mali Ndlr) n’a jamais été menacée par des groupes terroristes. Les groupes terroristes n’ont aucune capacité ni de menacer Bamako ni aucune autre région du Mali».
Profitant de cette conférence de presse conjointe et des trois questions posées par les journalistes, le Premier ministre Abdoulaye Maiga, vante un «signal fort de l’amélioration substantielle de la situation sécuritaire» au Mali. «En 2012, le Mali avait perdu plus de 70% de son territoire grâce à l’action de groupes terroristes. Depuis trois ans, par la grâce de Dieu, nous avons pu inverser la tendance», se réjouit-il.
Les deux ont tous magnifié de bonnes relations entre la Guinée et le Mali. Malgré les sanctions notamment de la CEDEAO, la Guinée a maintenu ses frontières ouvertes avec le Mali voisin et à mis le port de Conakry au service de Bamako. Après sa rencontre avec son homologue guinéen, le Premier ministre malien devrait rencontrer le président Mamadi Doumbouya avant de regagner Bamako.
Thierno Amadou Camara ( M’Bonet )
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