Dr Dansa Kourouma sur le mandat présidentiel : l’activiste Balayah DIALLO donne son avis

À l’occasion d’une conférence de presse tenue le dimanche 29 juin 2025, Dr Dansa Kourouma, président du Conseil National de la Transition (CNT), a justifié le choix d’un mandat présidentiel de sept (7) ans dans le projet de nouvelle Constitution. Selon lui, une durée de cinq ans est insuffisante pour mettre en œuvre un programme de développement.

Réagissant à cette proposition, Ibrahima Balayah DIALLO, membre du Forum des Forces Sociales de Guinée, a partagé son point de vue dans un entretien accordé à notre rédaction ce lundi 30 juin 2025. Il a insisté sur la nécessité de garantir la continuité de l’État. « Je crois que cinq ans, sept ans… mais qu’en est-il maintenant de la continuité de l’État ? On dit souvent que l’État est une continuité. Si quelqu’un pose les jalons, on peut terminer. Mais pourquoi veut-on faire croire aujourd’hui que, coûte que coûte, celui qui accède au pouvoir doit nécessairement achever ses chantiers ? Pour moi, c’est une fuite en avant de tous les flagorneurs politiques qui cherchent à induire nos dirigeants en erreur. Il y a 17 millions de Guinéens, donc 17 millions de présidentiables. Un président n’est pas censé tout savoir ni tout faire. Il est entouré de personnes compétentes. Il faut que nous sortions de ce culte de la personnalité qui fait du président un demi-dieu. Ce que je condamne fermement, ce sont les coups d’État militaires, mais aussi les coups d’État constitutionnels », a martelé Ibrahima Balayah DIALLO.

Abordant l’éventualité d’une candidature du président de la transition, l’activiste reste prudent, tout en rappelant les engagements pris après le putsch du 5 septembre 2021. « Je ne veux pas faire de la médiopolitique. Lui-même n’a pas encore déclaré sa candidature, même si ses soutiens l’y poussent. Il est aujourd’hui tiraillé entre son serment du 5 septembre, le contenu de la Charte de la transition, et les voix de ses partisans. Il est, en quelque sorte, entre le marteau et l’enclume. Va-t-il rester fidèle à son engagement selon lequel ni lui, ni les membres du CNRD, ni ceux de son gouvernement ne seront candidats, ou cédera-t-il à la pression populaire ? Le jour où il annoncera officiellement sa candidature, je me prononcerai plus clairement. En attendant, il ne faut pas lui faire un faux procès. Il n’a encore rien dit. Personnellement — et je parle ici à titre individuel — je reste convaincu que, le moment venu, la sagesse l’emportera sur les passions populaires », a laissé entendre l’activiste de la société civile.

Pour rappel, le président du CNT, accompagné de son équipe, a remis la semaine dernière au chef de l’État le projet de nouvelle Constitution lors d’une cérémonie officielle au palais Mohammed V.

Mamadou Macka DIALLO

666 660 366

Articles similaires