Interrogé ce mercredi 2 juillet 2025 sur le plateau de France 24, le ministre guinéen des Transports et porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, s’est exprimé sur l’un des points du projet de nouvelle Constitution en cours en Guinée. Il s’agit notamment la création d’une Cour Spéciale de Justice chargée de juger les futurs dirigeants de la Guinée.
Selon le porte-parole du gouvernement guinéen, cette future juridiction permettrait de combler un vide juridique constaté par le passé. « Il est important qu’il y ait une juridiction qui soit à même de juger ceux qui dirigent le pays, pour qu’on ne reste pas dans un vide institutionnel comme cela a pu être le cas à un moment donné. Donc, c’est important, puisque, de plus en plus, les dirigeants doivent de plus en plus rendre des comptes sur leur gouvernance, et il faut que des spécialistes soient réunis au sein d’une institution qui peut faire le travail. »
Tout en précisant que cette cour n’est pas rétroactive, Ousmane Gaoual souligne qu’elle ne concernera ni les anciens chefs d’État ni les gouvernements précédents. Elle vise l’avenir et l’exemplarité du pouvoir actuel. « Le droit dispose de l’avenir. Là, on est en train de construire quelque chose. Si c’était adopté comme tel, c’est à partir de nous que cela peut être appliqué. Et nous le souhaitons ainsi puisque notre objectif, ce n’est pas de juger avec cette cour les crimes qui ont été commis ailleurs. Pour ces crimes-là, il y a la CRIEF qui s’en occupe actuellement et qui questionne les anciens dirigeants sur leur gouvernance. »
Enfin, le porte-parole du gouvernement justifie la nécessité d’ancrer cette instance judiciaire dans le texte fondamental afin de sortir du régime d’exception. « Il faut que cela soit dans notre Constitution et qu’on sorte de l’exception juridique qui a permis la création de cette cour [la CRIEF] parce qu’elle n’existait pas. Les chefs d’État et les anciens présidents qui sont là ne seront pas questionnés par cette Cour spéciale qui sera mise en place. Si la Constitution était adoptée, cela concernerait notre gouvernement et notre président pour l’avenir. »


