Le bras de fer judiciaire opposant l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) au ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) se poursuit devant la Cour suprême. Ce jeudi 21 août 2025, la chambre administrative de la plus haute juridiction du pays a examiné l’affaire.
Au centre du litige, une lettre datée du 27 juin 2025 émanant du MATD, que l’UFDG conteste vigoureusement. Le parti a introduit un recours en annulation, estimant que ce courrier constitue une entrave à ses activités politiques, en particulier à la tenue de son congrès prévu le 6 juillet dernier.
L’audience a été présidée par Mme Hawa Daraud Kourouma, assistée des conseillers Abdourahamane Sylla, Ibrahima Dramane, Dianka Keita et Oliano Madeleine Grovogui. Le ministère public était représenté par M. Sidiki Kanté.
Lors de l’examen du dossier, le conseiller rapporteur a rappelé les faits et présenté les arguments des deux parties. L’État a demandé à la Cour de déclarer le recours de l’UFDG irrecevable, en invoquant des violations des règles relatives au fonctionnement des partis politiques et de la procédure devant la Cour suprême.
En réponse, l’avocat de l’UFDG a dénoncé le non-respect des délais légaux. Selon lui, la Cour suprême aurait dû statuer sous 48 heures, comme le prévoit la loi en cas d’atteinte potentielle aux libertés publiques. « Ce délai n’a pas été respecté, alors que notre recours visait à garantir la tenue du congrès », a-t-il plaidé, rappelant que plusieurs membres du parti, y compris de la diaspora, avaient déjà fait le déplacement à Conakry.
L’avocat a également soulevé plusieurs questions préliminaires, notamment sur les délais de traitement du recours et sur le contenu de la lettre contestée. Il a en outre évoqué la position du courant dit des réformateurs, opposé à la direction actuelle du parti quant à la légitimité du congrès, un contentieux toujours pendant devant la Cour d’appel de Conakry.
Dans ses réquisitions, la défense de l’UFDG a demandé à la Cour d’ordonner au MATD de se retirer du champ politique, de revenir sur sa lettre interdisant le congrès et de s’abstenir, à l’avenir, de toute décision dirigée contre le parti.
De leur côté, les représentants du ministère ont répliqué que le MATD n’avait pris aucune décision formelle, se contentant d’émettre une lettre d’information.
Les débats, particulièrement attendus, ont animé toute la journée. L’issue de ce procès est jugée cruciale, non seulement pour l’avenir de l’UFDG, mais aussi pour l’équilibre de la scène politique guinéenne.
La Cour a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 28 août 2025.
Aliou Diaguissa Sow
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