À mesure que l’élection présidentielle approche, les tensions montent au sein de la classe socio-politique guinéenne. Plusieurs partis politiques et militants favorables au Général-Président de la Transition multiplient les appels pour qu’il se présente au scrutin du 28 décembre 2025 afin de briguer la magistrature suprême.
Dans une déclaration faite devant les médias ce jeudi 23 octobre 2025, le président du Bloc Libéral (BL), Dr Faya Lansana Millimouno, a vivement dénoncé ces prises de position qu’il juge dangereuses pour la stabilité du pays. Selon lui, ce sont ces mêmes attitudes opportunistes qui, par le passé, ont semé le trouble en Guinée. « Mes chers compatriotes, une dérive inquiétante se fait jour. Un vent malsain souffle sur le pays. Des voix s’élèvent, à peine dissimulées sous de prétendues bonnes intentions, pour inciter le Chef de l’État à se porter candidat à la présidentielle du 28 décembre 2025. Qu’elles proviennent de cercles proches du pouvoir, d’intellectuels en mal d’influence ou de notables à la mémoire courte, ces incantations ne sont pas inspirées par un amour sincère de la Guinée. Elles relèvent d’un opportunisme politique que nous connaissons hélas trop bien. Nous les reconnaissons, ces semeurs de trouble. Ce sont souvent les mêmes : mêmes visages, mêmes discours, mêmes manœuvres », a déclaré Dr Faya Millimouno.
Le leader du Bloc Libéral a poursuivi en établissant un parallèle historique avec les régimes précédents. « Ce sont eux, encore, qui ont encouragé, flatté et poussé le Président Alpha Condé à violer la Constitution pour s’accrocher au pouvoir. Ils ont fabriqué des justifications juridiques, manipulé les textes, bafoué le droit et la morale. Et quand le pays a brûlé, quand les balles ont sifflé et que le sang a coulé, aucun d’entre eux n’a eu le courage de reconnaître : “Ma responsabilité est engagée.” »
Poursuivant dans sa critique, Dr Faya Millimouno a pointé du doigt une partie de l’élite guinéenne qu’il accuse de duplicité et de calcul politique. « Elle sait s’approcher du pouvoir pour en tirer des bénéfices, jamais pour lui dire ses vérités. Elle applaudit quand il faudrait alerter, elle flatte quand il faudrait conseiller, et elle fuit quand il faudrait assumer. Et quand le pouvoir tombe, la voilà qui se mue en donneuse de leçons », a-t-il déploré.
Le président du BL a enfin rappelé que le Général Mamadi Doumbouya avait solennellement promis que ni lui ni aucun membre du CNRD ne serait candidat à une élection durant la transition. « Nous croyons en la fermeté de son engagement, en la noblesse de son serment et en sa volonté d’entrer dans l’histoire par la grande porte, en rompant avec la funeste tradition de la confiscation du pouvoir », a conclu Dr Faya Lansana Millimouno.
Macka Djaraye
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