La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) ouvre, ce lundi 27 avril, une audience particulièrement dense avec seize affaires inscrites au rôle de la chambre de jugement. Plusieurs anciens commis de l’État, poursuivis pour des faits présumés de corruption, de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux, figurent parmi les prévenus appelés à comparaître.
Au centre de l’attention, le dossier opposant le parquet spécial et l’État guinéen à Alpha Mohamed Kallo, ancien directeur général de la BNIG, cité avec plusieurs coaccusés dans une affaire tentaculaire. Celle-ci porte notamment sur des soupçons de malversations financières, de faux en écritures publiques et de violations des règles de passation des marchés publics. Ouvert depuis plusieurs mois, ce procès peine toujours à connaître son épilogue.
Autre procédure très suivie : celle visant Mohamed Lamine Bangoura, ancien président de la Cour constitutionnelle. Il est poursuivi, avec plusieurs collaborateurs présumés, pour détournement de fonds publics, corruption, enrichissement illicite et blanchiment. Le dossier avait été renvoyé fin mars pour complément d’informations bancaires et patrimoniales.
La juridiction examinera également l’affaire d’Aboubacar Makhissa Camara, ancien directeur général des Impôts, accusé de détournement de deniers publics, de corruption et de blanchiment d’argent. Là encore, l’analyse du patrimoine du prévenu et de ses avoirs financiers a entraîné plusieurs reports successifs.
Parmi les dossiers phares figure aussi celui de Mamadi Camara, ancien ministre de l’Économie et des Finances, poursuivi pour des faits similaires portant sur plusieurs dizaines de milliards de francs guinéens. Les débats autour de son patrimoine, de ses relevés bancaires et des rapports d’inspection ont jusqu’ici ralenti la progression du procès.
Fait notable, nombre de ces procédures repartent pratiquement à zéro ou connaissent une nouvelle dynamique à la suite du récent remaniement intervenu au sein de la CRIEF. Par décret présidentiel du 18 avril, le magistrat Alpha Camara a été désigné président de la chambre de jugement, assisté notamment de Mamadou Dian Diallo parmi les nouveaux conseillers, en remplacement de l’équipe dirigée par Yagouba Conté. Cette recomposition oblige la juridiction à reprendre certains débats afin de garantir le respect du contradictoire et des droits de la défense.
Cette journée d’audience s’annonce décisive pour plusieurs figures de l’ancien appareil d’État, dans un contexte où la CRIEF tente d’accélérer le traitement des dossiers emblématiques de la lutte contre la délinquance économique en Guinée.
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