Dialogues et perspectives : la Guinée et la France lancent les 72 heures des mobilités

Dans l’après-midi de ce jeudi, 11 juin 2026, a débuté la première édition des 72 heures des mobilités humaines entre la Guinée et la France au Centre Culturel Franco-guinéen. L’événement se tiendra sur trois jours d’affiliés au cours desquels vont se tenir, des tables rondes et des panels. L’idée selon les organisateurs, c’est de déstigmatiser les types de mobilité humaine, de ne pas se focaliser seulement sur les migrations et les visas. L’organisation est assurée par l’Ambassade de France en Guinée et en Sierra Leone, Expertise France, l’Institut français de Guinée, Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), France volontaires et le Centre culturel franco-guinéen.
Le Directeur Pays d’Expertise France a dans son intervention rappelé que cet espace d’échange est né d’une volonté commune. Il mentionne l’importance de cette initiative. « Cette rencontre a surtout été pensée pour répondre aux attentes, aux préoccupations et aux besoins des populations et des autorités de la République de Guinée. Nous sommes convaincus que les questions de mobilité, de migration et de circulation des personnes ne peuvent être abordées uniquement à travers les politiques ou des programmes. Elles doivent être envisagées à partir des réalités vécues par les femmes et les hommes qui aspirent à étudier, travailler, entreprendre, voyager, revenir ou contribuer au développement de leur pays », a souligné Nicolas Huet. Il indique également que cet événement est un espace de dialogue, d’écoute et de réflexion collective.

Dans sa prise de parole, l’ambassadeur de France en Guinée et en Sierra Léone a tout d’abord fait savoir que l’histoire migratoire entre La République et la République française est ancienne. « Elle s’inscrit dans le cadre de liens historiques, parfois compliqués, culturels, linguistiques, toujours heureux, qui unissent nos deux nations. La langue française qui est un héritage de l’histoire partagée, facilite depuis longtemps les échanges humains, éducatifs, scientifiques, culturels et professionnels. Cette relation se traduit d’abord par des mobilités nombreuses et diversifiées. Chaque année, des milliers de guinéens et des français voyagent entre nos deux pays pour des raisons professionnelles, universitaires, familiales, culturelles et touristiques », a déclaré Luc Briard avant de donner quelques statistiques des visas délivrés par son pays et des Guinéens établis en France et de titres de séjour :

« Au cours de l’année dernière, nous avons délivré, contrairement à la rumeur, 12 500 visas. Ce qui n’est pas rien, même si je sais que derrière chaque visa, il y a des histoires particulières et des refus particuliers. Au-delà de ces mobilités de court séjour, de nombreux guinéens ont choisi au fil des décennies de s’installer en France, afin de poursuivre leurs études, d’exercer une activité professionnelle ou d’offrir de nouvelles perspectives à leurs familles. On estime que la communauté guinéenne en France est entre 30 000 et 60 000 personnes. En titre de séjour, on est à 95 000 titres de séjour. Donc on n’est pas fermé, contrairement à ce qu’on dit », a-t-il martelé.

Poursuivant son intervention, l’ambassadeur est revenu sur l’objectif de ces trois jours de mobilités et légales. « Nous souhaitons porter un regard large et nuancé sur les questions de mobilités parce que nous savons que nous, Ambassade de France, sommes regardés, scrutés, parfois vilipendés sur notre politique de mobilité. Il ne s’agit pas seulement des migrations. Il s’agit des circulations, des échanges, de compétences, de cultures, de projets de vie et de perspectives d’avenir entre nos deux espaces profondément liés. Nous souhaitons dépasser les idées reçues, mettre en lumière les réalités vécues, valoriser les bonnes pratiques, mais aussi aborder sans détour les difficultés et les défis qui demeurent », a mentionné le diplomate Français.
Le Directeur général des Guinéens établis à l’étranger a mis l’accent sur les mutations économiques mondiales notamment les effets du changement climatique les crises sécuritaires, les inégalités du développement ainsi que les aspirations légitimes de la jeunesse qui, selon lui continuent d’influencer les mouvements migratoires à travers le monde. « Face à ces défis, il est indispensable de poursuivre les efforts engagés afin de promouvoir des migrations sûres, régulières et ordonnées tout en luttant efficacement contre les formes irrégulières et dangereuses de migration qui exposent de nombreuses personnes et de risques considérables. Nous devons également renforcer les mécanismes de protection des migrations, favoriser leur intégration et valoriser davantage leurs contributions au développement économique et social. Il nous appartient enfin de bâtir des politiques migratoires fondées sur des données fières, une coopération renforcée et une approche profondément humaine », a laissé entendre Mamadou Saïtiou Barry.

L’objectif principal de ces trois jours est de promouvoir les mobilités régulières et expliquer les raisons de la lutte contre l’immigration irrégulière.

Mamadou Macka Diallo

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