Symposium de Diallo Souleymane: le discours émouvant de la Fondation Karamoko Alpha mo Labé

  • A Ouzou billahi-minassaytani Radjin
  • Au nom du Président de la fondation Karamoko Alpha mo Labé, El Hadj Mamadou Fadja Diallo ;
  • De Dr Mamadou Saliou Diallo Président de l’antenne  de la Fondation à Conakry ;
  • D’El hadj Ibrahima Diallo ONATHOL Président par intérim de l’antenne de Conakry et tous les membres et Sympathisants de la Fondation Karamoko Alpha mo Labé, je tiens à exprimer nos sincères remerciements à tout ce beau monde pour ce massif déplacement au Palais du peuple où sa famille, ses proches, collaborateurs, amis, connaissances rendent un hommage mérité la Guinée à notre fils El Hadj Souleymane Diallo.

Depuis  le jour de son rappel à ALLAH, le 1er Juin 2026, vous, présents dans cette salle et de nombreuses autres personnes connues et anonymes n’avez cessé de témoigner votre solidarité et et partager la compassion de la Famille éprouvée à travers vos déplacements, messages et hommages sur les réseaux sociaux.

Qu’ils vous plaisent de recevoir  nos remerciements et nos  bénédictions.

Cette marque de solidarité prouve que  notre fils a été au service de la Guinée et de l’Afrique à travers ses œuvres que beaucoup ont noté ici. Nous retenons que son combat pour la liberté, la démocratie, le pluralisme, le  droit à l’information et la dignité humaine est unanimement reconnu.

 En effet, Souleymane Diallo dit Souleymane lynx a été  un homme accompli.

De sa naissance le 17 Novembre 1945 à Hansanhèrè Labé à son décès  le premier Juin 2026 au Québec au Canada, Souleymane a mis  sa vie au service de la liberté, du droit de l’indépendance des médias et surtout de la démocratie vraie afin que chacun vive et exprime  ses pensées sans être inquiété.

Du journal Horoya  où  il entame sa vie  professionnelle  au satirique le Lynx, réalité d’un rêve d’exilé,  en passant par Fraternité matin, Souleymane Diallo a toujours aligné formation et profession.

Rentré d’exil , il créa l’hebdomadaire Satirique le Lynx , en refusant de se considérer comme patron de presse cloitré  dans son bureau mais bien celui d’un journaliste de terrain  fouineur devant l’éternel à la recherche de l’information dans le respect de l’éthique et la déontologie  de la profession .

Apres avoir été plusieurs fois en prison  pour ses opinions, il comprit  le danger  pour une presse,  d’évoluer dans un environnement sans une organisation structurée. C’est ainsi qu’il s’emploiera, comme le témoigne Abdoulaye Condé, à créer et  à relancer les différentes associations de presse comme l’AJG, l’AGEPI, l’OGUIDEM avec  d’autres patrons de presse des années 90.

C’est à son initiative  que la dépénalisation des délits de presse fut obtenue par la signature  d’un protocole d’accord avec le garde des sceaux Abou Camara en 2001 avant d’œuvrer au CNT de 2010 sous le CNDD, à la réduction du projet loi  sur l’organisation  des médias  qui sera adopté en  plénière  consacrant ainsi la création de la haute autorité de la communication.

Souleymane  Diallo n’a jamais  fait de ses positions administratives et professionnelles un tremplin  pour accéder à des postes de gestion  lui permettant de rejoindre la mangeoire.

Membre du conseil  national de la communication, il rendra le tablier quand ses convictions ont été mise à rudes épreuves.

Titulaire de plusieurs  diplômes  et titres, récipiendaire de plusieurs prix, il a préféré  garder le seul titre qu’il croyait porteur d’honneur et de dignité- le Journaliste.

 De cela, il le tient d’une famille, d’une lignée, celle du Kaldonyanké Alpha Mamadou Cellou Diallo dit Karamoko Alpha Mo Labé.

Karamoko Alpha Mo Labé  naquit en 1692 et mourut à 80 ans en 1772 a peu près au même âge que Souleymane Diallo.

Il fut inhumé au parvis  de la grande mosquée de Labé qu’il créa, jouxtant son domicile et qui deviendra  par la suite le caveau de ses illustres descendants  dont Souleymane Diallo  Lynx qui le  rejoindra  demain vendredi après la prière de 14h.

A ce jour, seule, le Seydiyanke Almamy Sory Maoudho, ami de Mody Mamadou Dian et le N’diobboyanke Siradiou Diallo non issus de sa descendance s’y reposent

Karamoko Alpha eut 8 enfants dont une seule fille, Maama Aissata et 7 garçons.

Pendant son règne, il eut soin de former ses enfants  à l’administration  territoriale afin qu’ils fussent  aptes à  gérer  des régions ou des villages importants.

Ainsi  s’installèrent et régnèrent :

1-  Modi  Ibrahima Sambegou  dit Thierno mo sigon, dans la région de Sigon ;

2-  Modi Mamadou Dian Diallo, dans la région de Woora qui, à sa mort  lui succéda au trône de Labé ;

3-  Modi  Souleymane  mo Saarè-Kali, avec juridiction  sur Mérépounta, Koundou  Tyankoye, Bombi et Popodara ;

4 –  Modi  Saidou  Diallo dit Saidou mo Sérima, au village de Sérima ;

5 –  Modi Madiou Diallo dit Modi Madiou  mo Hansanhèrè à Hansanhèrè ; dont est issue El Hadj  Souleymane Lynx ;

6 –  Modi Amadou Dian Diallo, à Baréma et Missira ;

7-   Modi  Billo Diallo dit Modi Billo mo Baagnan, à Baagnan.

Maama Aissata  sa fille unique, épousa Modi Abdoulaye  Souaré dit Maama Doulla, grand  chasseur  dont  les prouesses avaient séduit  Karamoko Alpha.

De cette union naquirent 5 garçons  qui fondèrent  le clan des Sééléyaabhé.
Ils se  repartirent comme suit  dans le pays :

  • Ousmane Tanou à Lélouma ;
  • Ibrahima Bano Taanou à Dalein Kolla ;
  • Boubacar Taanou à Mombéya ;
  • Saidou Tanou à Karantagui ;
  • Karimou Tanou à Dalein hindé.

Karamoko Alpha Mo Labé a laissé le souvenir  d’un saint. C’était  un homme insensible aux biens de ce bas-monde.

En 1993, pour Pérenniser  l’œuvre de Karamoko Alpha, ses descendants  et leurs alliés ont créé  une fondation  qui porte son nom  et dont le siège  jouxte la grande mosquée de Labé.

El hadj  Souleymane Lynx  fut  l’un des 6 premiers membres de la commission technique  qui rédigèrent  les statuts de la Fondation Karamoko Alpha Mo Labé et signèrent  les lettres  de transmission des textes fondateurs  au ministère  de l’intérieur .
Ils étaient  respectivement :

Mon grand frère  feu El hadj Gadiry Diallo de Mody,

Mamadou Dian Wora,

 Feu El Hadj Madiou de Modi Billo,

Feu Dr Souleymane véto de Mody Mamadou Dian,

Feu Colonel Mamadou 2 de Mody Souleymane Sarekaly,

 Feu  Thierno Mamadou Cellou Dalein Diallo de Mody Mamadou Dian

Feu Diallo  Souleymane Lynx de Mody Madiou Hansanghere.

Le survivant  Dr Mamadou Saliou Diallo  de Thierno Mo Sigon,  Père de Dr Abdourahmane ancien ministre de la santé, Que Dieu lui accorde longue vie et Santé de fer.

Permettez-moi aux noms de mes mandant, de salué une dame, son épouse Hadja Fatoumata Binta Bah qui fut sa moitié de toute une vie, en partie grâce à laquelle tout cela a été possible.

Permettez-moi aussi avant de terminer, de partager avec vous ; un extrait d’un des rares discours de Mr Souleymane Diallo qui résume toute sa vision du noble combat de sa vie.

En effet, le samedi 29 octobre 2022, sur initiative de mon jeune frère Sanou Kerfalla Cissé, ancien du Lynx et PDG du Groupe Afric Vision, Diallo Souleymane a bénéficié d’une cérémonie d’hommage et de reconnaissance anthume, pour son combat à la cause d’une presse libre en Guinée. Le lendemain, il a été élevé au rang de Chevalier de l’Ordre national du Kolatier « pour services exceptionnels rendus  à la Nation », par le Chef de l’État, Mamadi Doumbouya.

A cette Occasion, Diallo Souleymane, est resté égal à lui-même, éternel défenseur de la liberté de la presse en disant, citation : « Permettez que je sacrifie à une habitude, celle de semer des cactus parmi les rares fleurs que je distribue. Aux journalistes qui m’ont offert honneur et reconnaissance, je demande de redoubler de vigilance pour suivre d’assez près, l’enracinement dans ce pays de la culture démocratique, partant médiatique. C’est presque une lapalissade. Le journaliste ne saurait s’épanouir en dehors de la liberté, de la culture, de la démocratie, du respect des normes, des lois de la république. L’envie me vient souvent de prendre le journaliste pour un petit bonhomme qui travaille avec les grands.

Le jour où il est persuadé qu’il est grand, qu’il raccroche ! J’ai pris aussi l’habitude contestable de comparer la liberté de la presse à un immeuble. Certains États sont au sous-sol, d’autres, au 16è étage. D’autres encore, aux étages supérieurs.

La Guinée n’est pas au sous-sol. Jamais ! Elle a fait des pas de géants en matière de liberté de presse, en un temps record. Elle revendique valablement une place au 2è étage, au moins. Faisons l’économie des étapes franchies, pour ne citer que la décriminalisation des délits de presse, l’attribution par l’État d’une maison à la presse, la subvention annuelle de la presse par l’État (…) La presse sera donc toujours là. Reste une question : Comment monter à l’étage supérieur de notre immeuble ?  La question se pose au Gouvernement, mais la réponse ne peut venir que de la qualité intrinsèque du paysage médiatique. » fin de citation.

Repose en paix  grand guerrier de la plume.

Je vous remercie.

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