Alors que la Guinée s’apprête à exporter les premières tonnes des minerais de fer de Simandou, la question de la participation des femmes dans le secteur extractif du pays est au centre des réflexions. Conakry a abrité la semaine dernière une série de panels sur l’inclusion des femmes dans la chaîne de valeur minière. La question de la participation féminine à la sous-traitance minière, un enjeu crucial pour une croissance inclusive du secteur extractif guinéen, a été débattue par des femmes évoluant dans le secteur.
Mme Fatoumata Binta Baldé, Conseillère chargée des questions d’infrastructures au ministère des Mines et de la Géologie, était parmi les panelistes. Pour elle, «le développement du secteur minier guinéen ne peut être inclusif que si les femmes sont pleinement intégrées aux chaînes de valeur. Cela exige une volonté politique forte, des partenariats public-privé, et des mécanismes institutionnels concrets pour garantir l’égalité des chances et une véritable justice économique».
Dans son exposé, Mme Baldé estime qu’en plus des normes sociales et stéréotypes de genre, les femmes ont plusieurs autres barrières. Il s’agit notamment du faible accès des femmes à la formation technique, leurs sous-représentations dans les instances de prise de décisions même au sein des compagnies minières. Ce n’est pas tout. Il y a aussi des «contraintes administratives et financières : L’obtention de certifications, l’accès au crédit ou le respect des exigences techniques exigées par les grandes entreprises minières constituent un obstacle supplémentaire pour les PME dirigées par des femmes».
Cependant, selon Madame Fatoumata Binta Baldé, le renforcement de politiques ou réformes structurelles pourraient stimuler l’accès des femmes aux marchés liés aux grands projets miniers. Il y a par exemple la mise en place de quotas ou de mécanismes d’attribution préférentielle qui vise l’intégration de critères de genre dans les appels d’offres publics ou les contrats des sociétés minières. En plus d’un renforcement des capacités et accompagnement technique des femmes, Mme Fatoumata Binta Baldé précaunise aussi un accès au financement grâce à la création de lignes de crédit spécifiques ou des fonds de garantie pour les entreprises féminines souhaitant intégrer la sous-traitance.
« L’Amélioration de la collecte de données sexo-spécifiques : Mieux comprendre les barrières et les dynamiques d’exclusion pour adapter les politiques. 6. Renforcement des partenariats public-privé : Travailler avec les sociétés minières pour qu’elles intègrent volontairement la dimension genre dans leur politique de contenu local. Des Réformes politiques et institutionnelles. Élaboration d’une stratégie nationale Genre & Mines. Intégration de clauses d’équité de genre dans les conventions minières et les textes d’application du Code minier. Un appui aux entreprises féminines. Création d’un Fonds de garantie dédié aux femmes dans la sous-traitance minière. Mise en place de programmes de certification technique et commerciale. Et le renforcement des capacités. Formations techniques ciblées (transport, sécurité, environnement, maintenance industrielle)», mentionne-t-elle.

M’Bonet
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