Passation à l’AGRASC : Alpha Seny Camara dénonce la réticence de certaines juridictions à appliquer la loi « Un magistrat qui ne respecte pas la loi, c’est un médecin qui tue »

Lors de la cérémonie de passation de service tenue ce jeudi 23 octobre 2025 au siège de l’Agence de Gestion et de Recouvrement des Avoirs Saisis et Confisqués (AGRASC), le directeur général sortant, Alpha Seny Camara, n’a pas mâché ses mots. En remettant les rênes de l’institution à son successeur, il a vertement critiqué l’attitude de certaines juridictions qu’il accuse de ne pas respecter la loi et de freiner le travail de l’agence.

Faisant allusion à des juridictions telles que la CRIEF, ainsi que les tribunaux de première instance de Kaloum, Dixinn, Mafanco et Kankan, Alpha Seny Camara a déploré. « C’est difficile de travailler avec quelqu’un qui refuse de vous comprendre et qui souhaite que vous alliez ailleurs pour justifier le sens de votre collaboration. Les juridictions les plus importantes de Guinée n’ont jamais rien envoyé ici, alors même que la loi leur commande de le faire. Quand Koundara envoie quelque chose, ce n’est pas comparable à ce que représentent des juridictions comme Kaloum ou Dixinn en termes d’importance pour la justice guinéenne.

Quand Koubia ou Tougué envoient, c’est bien. Mais quand Kaloum, Dixinn, Mafanco, Kankan n’envoient pas, et que la CRIEF agit avec autant de réticence, vous pensez que c’est contre Alpha Seny ? Non, c’est contre la République.

J’ai toujours dit qu’un magistrat qui ne respecte pas la loi, c’est comme un médecin qui tue, parce que le magistrat, c’est avant tout le respect systématique de la loi. »

Poursuivant dans le même ton, l’ancien procureur près le tribunal de première instance de Kaloum n’a pas caché sa colère envers certaines juridictions. « Ces rapports n’ont pas été bons. Est-ce que c’était contre Alpha Seny ? J’aimerais que ce soit le cas, car si le refus d’appliquer la loi est motivé par des considérations personnelles, c’est une démission morale pour un serviteur de l’État. J’ai vécu cela pendant deux ans, mais cela ne m’a pas dérangé. Chaque matin, j’étais là, prêt à travailler avec les moyens disponibles. Je ne veux pas trop m’étendre sur le sujet, car c’est une affaire sérieuse, et il y aurait beaucoup à dire. »

Aliou Diaguissa Sow

 

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