À Nairobi, au Kenya, le 2ᵉ Forum urbain africain s’est ouvert sur un constat sans détour : l’avenir de l’Afrique se joue désormais dans ses villes. Placée sous le thème « Un logement adéquat pour tous : faire avancer la transformation socio-économique vers la réalisation de l’Agenda 2063 », cette rencontre de haut niveau met en lumière les défis et opportunités liés à une urbanisation accélérée du continent.
Une urbanisation déjà en marche
Contrairement à une idée longtemps répandue, l’urbanisation africaine n’est plus une perspective lointaine, mais une réalité actuelle et irréversible. Les intervenants ont insisté sur le fait que des centaines de millions d’Africains rejoindront les centres urbains dans les prochaines décennies. Dans ce contexte, la question n’est plus de savoir si l’Afrique va s’urbaniser, mais comment elle va le faire : de manière planifiée, inclusive et résiliente, ou dans le désordre avec des conséquences sociales et politiques majeures.
Le logement, pilier de dignité et de stabilité
Au cœur des échanges, la question du logement s’impose comme un enjeu stratégique. Bien plus qu’un simple abri, un logement décent est présenté comme un facteur de dignité humaine, de cohésion sociale et de développement économique. Les experts ont rappelé que le déficit en logements contribue à l’expansion des quartiers informels, à l’aggravation des inégalités et à une frustration sociale croissante, pouvant fragiliser la stabilité des États.
Dans cette perspective, investir dans le logement revient aussi à stimuler l’économie, créer des emplois et renforcer la paix sociale.
Les villes, épicentres de gouvernance et de sécurité
Les discussions ont également mis en avant le rôle central des villes dans la gouvernance, la paix et la sécurité. Une gouvernance urbaine efficace peut prévenir les conflits, renforcer la confiance entre citoyens et institutions, et offrir des opportunités économiques. À l’inverse, des villes mal gérées risquent de devenir des foyers d’exclusion et de tensions.
Ainsi, les villes apparaissent comme des acteurs clés de la stabilité politique du continent.
Une approche intégrée de l’urbanisation
Les participants ont unanimement souligné la nécessité d’abandonner les approches fragmentées. Pour réussir, l’urbanisation doit être pensée de manière globale, en intégrant planification, infrastructures, logement, services de base et résilience climatique.
Cette vision systémique est jugée indispensable face à l’ampleur des défis urbains africains.
Eau, assainissement et climat : un triptyque indissociable
Autre point majeur : le lien étroit entre urbanisation, eau, assainissement et changement climatique. Dans un contexte où les villes concentrent les pressions sur les ressources, garantir l’accès à l’eau potable et à des systèmes d’assainissement efficaces devient crucial pour la sécurité humaine.
Ce thème s’inscrit d’ailleurs dans la dynamique de Union africaine, qui fait de l’eau et de l’assainissement une priorité pour 2026.
L’Agenda 2063 en ligne de mire
À travers ce forum, les dirigeants africains et partenaires internationaux réaffirment leur engagement à atteindre les objectifs de l’Agenda 2063, qui ambitionne une Afrique prospère, inclusive et durable.
Le défi du logement y occupe une place centrale : garantir un habitat digne pour tous est désormais perçu comme une condition sine qua non de la transformation socio-économique du continent.
En conclusion, le 2ᵉ Forum urbain africain marque une étape importante dans la réflexion stratégique sur l’avenir des villes africaines. Entre urgence démographique, besoins en infrastructures et impératif de justice sociale, une certitude s’impose : c’est dans la manière dont l’Afrique construira ses villes que se dessinera son destin.
La Rédaction Politique


