Célébration du 8 mars: Enabel et CADES mènent des plaidoyers pour le respect des droits des femmes en Guinée 

Dans le cadre de la célébration de la journée internationale des Droits des femmes en Guinée, l’Agence Belge de Coopération Internationale (Enabel) et son partenaire CADES/Guinée ont coorganisé avec l’appui de l’Inspection Régionale de la Femme, de la famille et des Solidarités une journée de campagne de plaidoyer sur les droits des femmes en Guinée. Cette campagne qui s’est tenue le mardi 21 avril 2025 à Mamou a connu la participation de plusieurs acteurs notamment des ONG de défense des Droits des femmes, des services techniques déconcentrés de l’Etat, des femmes leaders, des religieux et des représentants des communes bénéficiaires du Programme d’Enabel, entre autres.

Pendant cette journée, un plaidoyer fort a été mené à l’endroit des autorités régionales. Dans la note de plaidoyer, les Organisations féminines ont demandé aux autorités ce qui suit: « Veiller à l’intégration et la prise en compte des 5 Droits Entrepreneuriaux Féminins dans les PDL, PAI et/ou Budgets de toutes les Communes relevant de la Région de Mamou; Exonérer les taxes sur les entreprises des femmes afin d’encourager l’entrepreneuriat féminin; Accorder 60% des domaines aménagés de l’Etat aux femmes pour leur permettre de mener des activités génératrices de revenus et de créer des conseils juridiques préfectoraux pour l’accès des femmes à la terre.

Après la lecture de la note de plaidoyer, un panel de haut niveau portant sur le thème : « Dialogue sur l’accès à la justice pour les femmes &engagement des acteurs pour la lutte contre les VBG «  a été animé par l’Inspecteur régionale de la femme, de la famille et des Solidarités, du Substitut du Procureur près le Tribunal de Première Instance de Mamou, des représentants de l’OPROGEM et de la Gendarmerie et de l’ONG CADES. Ce panel a été mis à profit pour parler des différents services de protection crées par l’Etat, du rôle du Parquet et de l’OPROGEM et de la Gendarmerie dans la remontée et le suivi des cas des VBG et l’historique des 5 Droits Entrepreneuriaux Féminins.

Ibrahima Sory Diallo, Substitut du Procureur près le TPI de Mamou a invité les femmes à briser les barrières pour accéder à la justice.

« Vous devez avoir conscience que vous devez avoir accès à la justice au même titre que les hommes, raison pour laquelle je vous invite à briser les barrières, les pesanteurs socioculturelles et à réclamer vos dus. N’acceptez pas d’être exclu d’un héritage au seul motif que vous êtes femmes. N’acceptez pas d’être expropriée de vos fonds, de vos parcelles au seul motif que vous êtes femmes. N’acceptez pas d’être en marge de la vie sociopolitique au seul motif que vous êtes des femmes. Vive les femmes pour que vivent les hommes » a-t-il déclaré.

Au nom d’Enabel Kader Niaoné, manager de l’Institution a félicité les ONG partenaires CADES, Maison Mère et l’Inspection Régionale de la Femme, de la famille et des Solidarités pour la réussite de cette activité. Il a ensuite réaffirmé la disponibilité et l’engagement d’Enabel à accompagner les femmes dans la lutte pour l’accès à leurs droits.

« Avec l’ensemble de nos partenaires nous allons voir comment renforcer ces initiatives. Nous devons nous engager à agir, au-delà des discours, agir au-delà des textes pour que vraiment la situation de la femme soit meilleure. Aucune société ne peut prospérer tant que la femme va continuer de subir toutes ces oppressions. Il n’y a aucune dignité tant que la femme continue de souffrir et les hommes restent indifférents. Donc les femmes vous pouvez être sûres d’une chose : nous sommes ensemble pour ce combat, pour un avenir meilleur pour la femme parce que vous êtes surtout l’avenir de la société et nous continuerons d’être ensemble jusqu’à ce que des résultats tangibles, concrets, soient obtenus » a-t-il déclaré.

Au nom des participant.e.s., Hadiatou Diallo, trésorière principale au sein du Conseil Régional des Femmes et filles de Guinée, a salué à juste titre, cette initiative d’Enabel et ses partenaires.

« C’est une rencontre riche en échange, épanouissante parce que nous parlons là de droits, de justice et surtout d’actions. Le cadre juridique ne manque pas du tout. Nous avons les plus beaux textes mais c’est la méconnaissance ou l’applicabilité de ces textes de lois qui pose problème aux femmes. Ce n’est pas parce qu’elles veulent garder le silence c’est par ce qu’elles ne savent pas comment faire, où aller pour dénoncer ce qui ne va pas. Donc nous saluons cette initiative à juste titre. Nous encourageons à ce qu’il y ait ce genre d’assises dans les communautés en langue nationale pour sensibiliser au maximum les femmes victimes ou potentielles victimes de Violences Basées sur le Genre ou tout autre violation de droit. N’ayons pas peur de nous engager, n’ayons pas peur de réclamer nos droits. Osons réclamer nos droits » a-t-elle lancé aux femmes.

Présidant la cérémonie de clôture, au nom du Gouverneur, Mamadi Kandia Keita, Directeur de Cabinet du Gouvernorat de Mamou s’est engagé à veiller à l’application effective des textes de lois qui protègent les femmes et à renforcer le dialogue entre les institutions financières et les groupements de femmes entrepreneures.

« C’est avec un sentiment de profonde satisfaction et un grand espoir que je prends la parole. Durant cette journée, nos échanges ont porté sur un pilier central de l’émergence de notre nation : l’autonomisation économique et juridique de la femme guinéenne. Nous avons spécifiquement mis en lumière les 5 Droits Entrepreneuriaux Féminins ainsi que l’ensemble des droits fondamentaux qui garantissent à nos mères, nos sœurs la dignité et la sécurité qu’elles méritent. Nous le savons tous, aucune économie ne peut prospérer durablement en laissant de côté la moitié de ses forces vives.

À travers cette campagne, nous avons réaffirmé que l’accès des femmes à la propriété foncière, au financement et à la formation technique et à la protection sociale n’est pas une faveur que nous leur accordons mais un droit et une justice stratégique. Soutenir l’entrepreneuriat féminin c’est investir dans l’éducation de nos enfants et la stabilité. Cependant, la fin de cette campagne ne doit pas marquer la fin de notre mobilisation. En ma qualité de Directeur de Cabinet et au nom de M. le Gouverneur de Mamou, je m’engage et j’instruis les services déconcentrés de l’Etat à veiller à l’application effective des textes de lois protégeant les droits des femmes et à faciliter le dialogue entre les institutions financières et les groupements de femmes entrepreneures et à lutter sans relâche contre les formes de discrimination et de Violences Basées sur le Genre » a-t-il promis.

Le thème de la journée internationale des femmes de cette année est «Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles».

Ce thème met l’accent sur la nécessité de renforcer la justice, de protéger les droits et de passer à l’action pour l’égalité, dans un contexte mondial de fragilisation des droits.

MFD

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