Pataugeant dans une succession de crises depuis plus d’une décennie, la fédération guinéenne de football (FEGUIFOOT), s’apprête à élire un nouvel exécutif à sa tête. Combien de présidents de l’instance ont été poussés à la sortie ? Combien de Comités de normalisation (CONOR) mis en place ces dernières années pour soigner une plaie qui refuse de cicatriser au sein de notre instance de football ? Le groupe de Blasco Barry, en charge de la gestion des affaires courantes depuis la chute du président Sorel Dooumbouya, fixe au mois d’octobre la tenue d’une énième assemblée générale élective, ouvrant ainsi la porte aux prétendants. Mais faut-il vraiment ouvrir encore juste pour ouvrir le boulevards à tout le monde ?
Ibrahima Kalil Kaba, figure politique bien connue du monde du football guinéen depuis des années, parce que propriétaire par ailleurs d’un club de football, serait l’une des alternatives. En tout cas son nom et plusieurs autres sont murmurés dans les couloirs. Parmi les noms qui reviennent et qui peuvent susciter un certain étonnement, figure celui de l’ancien patron de Guinée Games et de la Feguifoot : Mamadou Antonio Souaré. Mais pour quoi faire encore?
Inutile de dire que l’hypothèse d’un retour d’Antonio Souaré aux affaires risque de réveiller de vielles rancœurs entre lui et d’autres poids lourds du football guinéen. Inutile également de rappeler le sort qui avait été celui de l’actuel secrétaire général de l’instance, après la dernière élection d’Antonio Souaré.
Aussi, comment être sûr qu’eux aussi ont tourné la page ? Ceux qui se reconnaissent encore à Super V et qui auraient encore du mal à oublier la guerre de tranchées dans laquelle ils ont été entrainés pendant les heures les plus chaudes entre Antonio Souaré et Salifou Super V ? Quel serait l’atmosphère au sein du comité éxecutif quelques mois après un éventuel retour aux affaires d’Antonio Souaré ?
Après les accusations de mauvaise gouvernance portées contre au niveau de la même instance et les scandales qui, à son époque, ont infligé une honte au football guinéen, si la FEGUIFOOT et les acteurs du football national ne parviennent pas à se passer des services d’Antonio Souaré, ceci ne serait pas qu’une prouesse de sa part. Ce serait surtout la preuve que nous avons des acteurs accommodants, moins engagés pour une renaissance du notre sport roi en Guinée alors que les autorités politiques ont pour ambition d’organiser la CAN en Guinée dans quelques années. Le dernier mot reviendra aux membres statutaires qui devront soigner leur mauvaise réputation de marchands de voix.
M’Bonet


