Depuis la publication du projet de nouvelle constitution, les réactions se multiplient. Citoyens, acteurs de la société civile, hommes politiques, voire défenseurs des droits humains, chacun y va de son commentaire. Notre rédaction a recueilli l’analyse de Mohamed Cissé, porte-parole du Parti de l’Espoir pour le Développement National (PEDN), sur plusieurs points du document, notamment le mandat présidentiel, la création du Sénat et la candidature indépendante. « Le projet de nouvelle constitution était très attendu pour diverses raisons. D’abord, en raison de la spécificité de ce processus par rapport à celui de 2010, notamment le recours au référendum, mais aussi à cause de l’importance capitale de ce texte pour le retour à l’ordre constitutionnel. Nous espérons que les différentes contributions permettront d’éclairer davantage la lanterne du Peuple, qui doit bénéficier de toutes les garanties d’intégrité et de transparence du processus », a déclaré Mohamed Cissé.
S’agissant de la durée du mandat présidentiel, désormais portée à sept ans dans le projet, l’acteur politique rappelle que le mandat ne doit pas être jugé uniquement à l’aune du temps, mais aussi de la qualité de la gouvernance. « La durée du mandat est passée de 5 à 7 ans entre l’avant-projet et le projet de constitution. La limitation du nombre de mandats demeure, même si la formulation est devenue moins explicite : ‘nul ne peut faire plus de deux mandats dans sa vie’. Quoi qu’il en soit, nous gardons espoir de voir à la tête des institutions des hommes vertueux, capables de transcender les intérêts personnels pour inspirer les générations futures. Le mandat dépend de son contenu. Même à 4 ans, une mauvaise gouvernance peut paraître interminable. Inversement, un bon dirigeant qui bénéficie de 7 ans peut rendre cette durée courte pour les citoyens. C’est pourquoi il est essentiel que les citoyens restent exigeants quant au respect des engagements et à la qualité des actions menées », a-t-il souligné.
Interrogé sur l’introduction du Sénat dans la nouvelle architecture institutionnelle, Mohamed Cissé n’exprime aucune objection. « L’arrivée du Sénat est la formalisation d’un principe qui existait déjà sous forme coutumière : la sagesse. Les personnes âgées, souvent perçues comme les plus expérimentées, ont toujours été sollicitées auprès des cercles décisionnels pour guider les responsables, éviter les fautes et renforcer la cohésion nationale. Les critères proposés, notamment à l’article 113, confirment cette volonté de confier au Sénat un rôle de prévention des conflits et de consolidation de la paix », a-t-il affirmé.
Enfin, concernant la candidature indépendante, Mohamed Cissé y voit une avancée, à condition qu’elle soit bien encadrée. « La compétition électorale ne doit pas être l’apanage des seuls partis politiques, même si les textes antérieurs la permettaient déjà au niveau local. Dans ce projet, la candidature indépendante est élargie jusqu’à l’élection présidentielle, à condition de satisfaire aux exigences d’un système de parrainage, dont les modalités devront être précisées par une loi spécifique. Il faudra veiller à ce que ce droit ne devienne pas un créneau pour ceux dont les activités sont prohibées par la loi, mais qui disposeraient des ressources financières pour se lancer dans la compétition », a prévenu le porte-parole du PEDN.
Macka DIALLO
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