Comme nous le disions dans une de nos précédentes publications, les Conseillers nationaux étaient en plénière ce mercredi 13 août 2025 sur l’examen de plusieurs accords. La plénière a permis à l’autorisation et la ratification de l’Accord de financement conclu entre la République de Guinée et l’Association Internationale de Développement (IDA), ainsi qu’un don de la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD), dans le cadre du Projet Eau et Assainissement en Guinée (PEAG). Ce projet, d’un coût global de 669,092 millions USD, mobilise plusieurs partenaires, dont la Banque Européenne d’Investissement, l’Exim Bank of India, l’Union Européenne, ainsi que l’État guinéen. La part financée par l’IDA et le don de la BIRD s’élève respectivement à 200 millions USD et 10,092 millions USD.
Selon le rapport de la commission Plan, Affaires financières et Contrôle budgétaire, présenté par le Rapporteur Général, Honorable N’Gouamou Fabara KONE, ce financement est assorti de conditions concessionnelles : un prêt sur 50 ans, avec une période de grâce de 10 ans, à taux d’intérêt nul, et une commission d’engagement de 0,5 % par an sur les montants non décaissés. Les remboursements seront semestriels, en dollars américains, avec une date limite de décaissement fixée au 30 septembre 2031.
« Les questions ont essentiellement porté sur l’état des projets antérieurs financés dans le secteur de l’eau et les leçons tirées ; l’état des réformes engagées ; la liste des écoles bénéficiaires ; les dispositions envisagées pour combler le déficit de production, estimé à 250 000 m³/jour sur un besoin de 400 000 m³/jour ; la concessionnalité du prêt ; l’état des sources d’approvisionnement, notamment Yessoulou et la Grande Chute de Konkouré ; la prise en compte des quartiers privés d’eau depuis plus de 15 ans ; la rationalisation des forages ; et la disponibilité des documents techniques détaillés relatifs aux projets du plan NEMA. »
L’objectif du PEAG selon le rapport, est d’améliorer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement dans le Grand Conakry, de renforcer la performance de la SEG et de contribuer à l’amélioration des conditions sanitaires, notamment dans les écoles, en réduisant les maladies d’origine hydrique et la pénibilité de la corvée d’eau.
Le CNT a formulé plusieurs recommandations : optimisation du tableau de financement, renforcement de la collaboration interinstitutionnelle, mise en place d’un audit annuel indépendant, implication du secteur privé guinéen, respect strict des délais, prise en compte des quartiers non desservis depuis plus de 15 ans, rationalisation des forages, maintenance pérenne des infrastructures et intégration des impacts du changement climatique dans la planification.
Le rapport souligne que ce projet répond à une urgence : seuls 31 % des habitants des villes sont desservis par le réseau de la SEG, avec une production actuelle de 150 000 m³/jour pour un besoin de 400 000 m³/jour, un déficit qui pourrait atteindre 660 000 m³/jour d’ici 2040 si aucune action n’est entreprise.
Ibrahima Téli Bah


