Dans un entretien téléphonique accordé à la rédaction de Guinee114.com le mercredi 16 octobre 2025, le président du Bloc Libéral (BL), Dr Faya Millimono, s’est montré très critique envers la gestion actuelle du processus électoral en Guinée. Il a notamment dénoncé l’opacité et la politisation excessive de l’administration publique.
Le leader du Bloc Libéral a appelé à la mise en place urgente d’un organe technique véritablement indépendant pour la gestion des élections, conformément à la nouvelle Constitution récemment adoptée, afin de garantir des scrutins libres, crédibles et inclusifs. « Il y a beaucoup de choses qui sont en train d’être faites qui ne rassurent pas. L’opacité avec laquelle les choses sont gérées inquiète. Nous savons aujourd’hui que les personnes nommées ici et là — dans les sous-préfectures, les districts, les préfectures et les gouvernorats — sont souvent chargées des affaires électorales. Pourtant, la Constitution actuellement en vigueur prévoit un organe indépendant de gestion des élections. Si l’on est pressé de poser des actes, il faut l’être pour installer cet organe, car c’est lui qui doit rassurer les acteurs politiques, et non l’administration publique guinéenne », a-t-il déclaré.
Dr Faya Millimono a également fustigé la politisation accrue de l’administration publique depuis l’arrivée du général Mamadi Doumbouya au pouvoir. « C’est Mamadi Doumbouya lui-même, à son arrivée, qui avait dénoncé la politisation à outrance de l’administration. Et pourtant, il n’a absolument rien fait pour y remédier. Aujourd’hui, le Premier ministre, les membres du gouvernement, les secrétaires généraux, chefs et directeurs de cabinet, tout le monde, jusqu’aux plantons, ne cessent de nous tympaniser en disant qu’il ne faut qu’un seul candidat : Mamadi Doumbouya. À un tel gouvernement, on ne peut pas faire confiance pour organiser des élections », a-t-il soutenu.
Le président du Bloc Libéral a mis en garde contre les risques d’un processus électoral biaisé. « Si l’on ne veut pas aller vers une élection sans issue, dont les résultats pourraient ne pas être reconnus, et risquer ainsi de bloquer le pays, il faut faire les choses correctement. Cela passe par la mise en place d’un organe de gestion électorale choisi sur la base d’un appel d’offres, supervisé par un cabinet spécialisé, sous le regard vigilant des acteurs politiques », a-t-il averti.
Pour conclure, Dr Faya Millimono a adressé un message clair aux autorités. « Nous n’accepterons pas que l’on nomme des cousins, des neveux ou des proches dans cet organe. Ce ne serait pas républicain et ces personnes ne feront pas un travail impartial. Nous voulons que les choses se fassent dans la transparence, avec des hommes et des femmes compétents, intègres, capables de garantir la crédibilité et l’inclusivité du processus électoral », a-t-il insisté.
Aliou Diaguissa Sow


