Accusé par sa concessionnaire, le marabout de Ratoma s’est présenté au tribunal de première instance de Dixinn pour une affaire de trahison. Bafodé Camara, maître coranique, est poursuivi par Mme Gnama Souaré pour avoir volé des objets à son domicile, alors qu’il était hébergé par celle-ci. Le parquet a requis une peine ferme contre lui ce mardi 14 avril 2026.
Bafodé Camara avait été gentiment logé par le mari de Mme Souaré pour veiller sur la concession du couple, qui était en séjour hors du pays. Profitant de cette absence, il aurait pris des objets précieux : bijoux en or et complets de bazin. « On m’a confié les clés pour la sécurité, malgré la présence d’un gardien. Je n’ai rien à voir avec ce vol constaté après son départ », a-t-il rejeté en bloc.
Le témoignage de Youssouf Diaby, âgé de 24 ans, a tout changé pour le maître coranique. Ce dernier reconnaît avoir reçu 10 complets de bazin des mains du marabout, qu’il a revendus au marché de Madina pour un million de GNF avant de fuir à Boké. « Bafodé est un oncle pour moi, j’avais une totale confiance en lui. J’ignorais que ces objets volés appartenaient à ma propre tante résidant en France », a déclaré le neveu de la famille Souaré.
Dans ses réquisitions, le substitut du procureur Fanka Oularé a mis en avant l’absence de traces de l’infraction comme la preuve irréfutable que l’auteur disposait des clés. Le ministère public a alors fustigé l’abus de confiance du marabout envers sa bienfaitrice.
C’est pourquoi il a demandé au tribunal de déclarer le marabout Bafodé Camara coupable de vol aggravé et de le condamner à 2 ans d’emprisonnement, dont 1 an ferme, et 2 millions de GNF d’amende.
Quant à Youssouf Diaby, malgré ses aveux apportés devant le tribunal, il a été déclaré coupable de recel et condamné à 1 an d’emprisonnement, dont 6 mois ferme, et 2 millions de GNF d’amende.
L’avocat de Youssouf Diaby a tenté de sauver son client en insistant sur son ignorance de l’origine frauduleuse des tissus. Il a également rappelé que le lien de parenté étroit entre le neveu et la plaignante devrait, selon lui, peser en faveur d’une relaxe ou d’une peine symbolique.
Le président du tribunal, Ibrahima Sory Sow, a clos les débats. Le verdict sera rendu lors de l’audience de mardi prochain.
Mariame Traoré

