Le président du FRONDEG, arrivé deuxième à l’élection présidentielle de décembre dernier, a tenu une conférence de presse ce samedi 25 avril 2026 au siège du parti à Lambanyi. Abdoulaye Yéro Baldé, dans une déclaration, a dénoncé des irrégularités concernant notamment le dépôt des candidatures pour le double scrutin législatif et communal prévu le 31 mai prochain. Le leader politique fustige « un ensemble de faits graves de nature à compromettre la sincérité du processus électoral ».
Parmi ces faits figure le rejet des candidatures de sa formation politique dans plusieurs circonscriptions de Conakry et de l’intérieur du pays.
« Le FRONDEG a régulièrement déposé des candidatures dans plusieurs circonscriptions électorales du pays, notamment à Tombolia, Sanoyah, Manéah, Matam, Ratoma, Kouriah, Lambanyi, Kankan, Siguiri, Kintinian, Boké, Sangaredi, Tamita dans Boffa, etc. À la publication des listes provisoires, aucune de ces candidatures n’a été retenue à ce jour.
Or, conformément à l’article 242 du Code électoral, tout rejet de candidature doit être motivé et notifié dans un délai de dix (10) jours à compter de la date de dépôt du dossier de candidature. En l’espèce, aucune notification n’a été faite dans les délais et aucun motif n’a été communiqué au parti.
Ces manquements constituent une violation manifeste des dispositions du Code électoral », a déploré Abdoulaye Yéro Baldé.
Il ajoute également :
« Plus grave encore, il ressort d’informations concordantes que, postérieurement à la publication des listes provisoires, certains démembrements de l’administration électorale ont tenté de remettre aux mandataires des documents antidatés destinés à justifier a posteriori les rejets. De tels agissements traduisent une tentative de régularisation irrégulière d’une procédure viciée, en violation des principes fondamentaux de sécurité juridique et de loyauté administrative. »
Le président du FRONDEG rappelle par ailleurs que, conformément aux articles 241 à 243 du Code électoral, le contentieux des candidatures relève de la compétence du tribunal de première instance. Le parti affirme avoir déjà introduit un recours.
Il dénonce également la fixation des conditions financières d’accès au scrutin :
« Les conditions financières de participation aux élections ont été fixées de manière unilatérale par les autorités compétentes, sans concertation avec les acteurs politiques.
Or, aux termes des articles 275 et 276 du Code électoral : – la fixation des cautions électorales doit résulter d’un processus délibératif ; – elle doit être précédée de l’avis d’une commission financière pluraliste.
Cette commission doit inclure un représentant de chaque parti politique ou candidat. Cette exigence constitue une garantie essentielle de transparence, d’inclusivité et d’équilibre.
En l’espèce, ces dispositions n’ont manifestement pas été respectées, ce qui entache d’irrégularité la détermination des conditions d’accès à la compétition électorale », a-t-il souligné.
Le parti dénonce également le refus d’encaissement des cautions de ses représentants dûment mandatés par les services du Trésor public dans plusieurs circonscriptions, une décision qu’il attribue à un prétendu dépassement de délai.
« À défaut de correction diligente de ces irrégularités, le FRONDEG se réserve le droit de tirer toutes les conséquences politiques qui s’imposent, y compris son retrait du processus électoral en cours.
Car il ne saurait être admis que les normes juridiques, parfois élaborées par les acteurs eux-mêmes, soient méconnues ou détournées dans leur application », a déclaré le président du FRONDEG.
Enfin, le leader politique a dénoncé la candidature du docteur Dansa Kourouma, président du CNT, qu’il estime contraire à l’article 157 du Code électoral.
Mamadou Macka DIALLO
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