À quelques jours de la rentrée scolaire 2025-2026 fixée au 6 octobre 2025, les revendeurs de fournitures scolaires expriment leurs inquiétudes. Rencontrés ce mardi 30 septembre 2025 au grand marché de Matoto, ces marchands déplorent un manque d’engouement de la part des clients, malgré une stabilité, voire une légère baisse des prix par rapport à l’année précédente.
Pour Oumou Djiba, mère de famille et revendeuse de fournitures scolaires, la situation est préoccupante. « Cette année, les prix en gros sont effectivement moins chers que l’an passé. Mais le problème, c’est qu’il n’y a pas d’engouement. Je suis vraiment inquiète car j’ai du stock, surtout en sacs et en tenues scolaires, mais les clients ne viennent pas. Il y a plus de curieux qui demandent les prix que de véritables acheteurs. Parfois, je passe la journée avec une seule vente, voire aucune. Certains jours, je peux vendre quatre sacs ou plus. Je pense que cette situation est due, d’une part, au fait que beaucoup de parents n’ont pas encore reçu leur salaire, et d’autre part, à la fête nationale de l’indépendance qui approche. Nous attendons qu’elle passe pour voir l’évolution », espère-t-elle.
Même constat pour Hawa Kaba, également revendeuse. « Le prix des fournitures scolaires en gros n’a pas augmenté cette année, c’est le même que l’an dernier. Le seul souci, c’est le manque de clients : ça ne marche pas du tout. Nous revendons un paquet de cahiers à 20 000 GNF, parfois à 18 000 GNF pour les achats en quantité. Les sacs varient selon la taille : 40 000, 70 000, 100 000 GNF… La rentrée est proche, mais les parents disent qu’il n’y a pas d’argent. Il m’arrive de passer toute une journée sans vendre un demi-paquet de cahiers. J’ai même passé trois jours ici sans vendre un seul bic. Imaginez : je fais sortir et rentrer la marchandise sans rien vendre », regrette-t-elle.
Pour Fatoumata Cissé, vendeuse de sacs scolaires, la baisse des prix n’a pas suffi à stimuler la demande. « Cette année, les sacs en gros sont moins chers que l’an dernier. Mais malgré cette baisse, les ventes ne décollent pas. Je peux vendre deux à trois sacs par jour, alors qu’à la même période l’année dernière, j’en écoulais jusqu’à vingt. Les clients viennent juste demander les prix. Très peu achètent. Certains promettent de revenir, mais ne le font pas », déplore-t-elle.
De son côté, Djomba Kourouma, vendeuse de tenues scolaires, fait le même constat. « Les clients ne viennent pas vraiment. Les parents d’élèves disent qu’ils n’ont pas d’argent. Beaucoup envisagent de faire réutiliser à leurs enfants les anciens sacs et tenues de l’année dernière. Il n’y a pas de marché cette année. Vous pouvez voir la marchandise, mais il n’y a pas d’engouement. C’est inquiétant », confie-t-elle.
Enfin, Djaka Diaby préfère rester optimiste malgré les difficultés actuelles. « Vraiment, il n’y a pas d’engouement cette année. Mais peut-être que c’est à cause de la fête de l’indépendance qui approche. Je crois que quand il restera un ou deux jours avant la rentrée, les clients viendront en masse, surtout les parents d’élèves », espère-t-elle.
Aliou Diaguissa Sow


