Ce lundi 20 octobre 2025, l’affaire opposant l’État guinéen, représenté par l’Agent judiciaire de l’État, à l’ancien ministre de l’Économie et des Finances, Mamadi Camara, poursuivi pour détournement de deniers publics, blanchiment d’argent, corruption et enrichissement illicite, a de nouveau été évoquée devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
Le dossier a été renvoyé au 15 décembre prochain afin de permettre la production du rapport de contre-expertise confié au cabinet Grant Thornton et la poursuite des débats. Dès l’ouverture de l’audience, le juge Yagouba Conté a toutefois précisé que, bien que la cour ait ordonné la production de ce rapport, elle ne l’avait toujours pas reçu à ce jour, contrairement à ce qui était attendu.
Pour clarifier la situation, le substitut du procureur spécial, Ousmane Sano, a indiqué qu’au cours des vacances judiciaires, il avait été informé que le cabinet chargé de la contre-expertise était entré en contact avec le prévenu et ses avocats. Toutefois, la question du paiement des honoraires du cabinet restait en suspens.
De son côté, la partie civile, par la voix de Me Aboubacar Sidiki, a retracé les échanges avec le cabinet désigné pour la contre-expertise. Selon lui, le parquet ne disposerait pas de toutes les informations relatives au dossier. Il a expliqué que le substitut du procureur l’avait contacté pour régler certains détails en vue de l’envoi d’un courrier au cabinet. Peu après, un certain M. Diallo l’a joint pour lui annoncer que leur cabinet avait été officiellement désigné pour la mission et souhaitait rencontrer les conseils du prévenu.
Lors de cet échange, le chef de service chargé du dossier aurait confirmé avoir reçu le courrier ainsi que le fond du dossier. Me Sidiki a précisé lui avoir indiqué que, si des pièces complémentaires étaient nécessaires, le cabinet pouvait en faire la demande écrite afin qu’elles soient transmises. C’est alors que la question du paiement des honoraires a été soulevée, à laquelle l’avocat a répondu que ce point devait faire l’objet d’une demande formelle. Le représentant du cabinet aurait ensuite déclaré que le dossier était particulièrement complexe.
Avant de solliciter un renvoi de deux mois, le substitut du procureur Ousmane Sano a affirmé ne pas être informé des échanges mentionnés par l’avocat du prévenu et n’avoir reçu aucune communication officielle à ce sujet.
Les avocats de la défense ont également demandé un renvoi de deux mois.
En conclusion, la cour a ordonné au ministère public de transmettre l’intégralité du dossier au cabinet Grant Thornton, avant de renvoyer l’affaire au 15 décembre 2025 pour la remise du rapport de contre-expertise et la reprise des débats.
Aliou Diaguissa Sow


