CRIEF-Première défaite pour Badra Koné: la Cour rejette les exceptions de la défense et ordonne la continuation des débats

Aliou Badra Cheickna Koné et 9 autres prévenus ont comparu ce mercredi, 29 avril 2026 devant la chambre de jugement de la cour de répression des infractions économiques et financières pour plusieurs infractions délocalisées à la cour des comptes.

À l’ouverture de l’audience, l’ancien président de la délégation spéciale de Matam, Badra Koné a été à la barre. Le président de la cour lui a signifié les faits pour lesquels il est poursuivi, parmi lesquels le détournement de 240 milliards de francs guinéens.

Maître Lanciné Sylla de la défense a pris la parole pour relever des exceptions. Il s’agit de l’article 66 du code électoral qui interdit toute poursuite judiciaire contre un candidat à une élection jusqu’à la proclamation des résultats sauf en flagrant délit.

L’avocat a demandé à la cour de suspendre les poursuites jusqu’à la proclamation des résultats.

En plus de la suspension des poursuites, il demande sa remise en liberté pour qu’il puisse compétir au même titre que les autres candidats.

De son côté, le procureur spécial, Alphonse Charles Wright a dans son intervention évoqué un cas de flagrant délit dans cette affaire. Il a demandé au président de la cour de se passer des exceptions soulevées par les conseils de la défense. « Même si vous êtes le futur président du parlement, si les faits sont établis, nous vous poursuivrons jusqu’à votre dernier retranchement. Qu’il vous plaise de rejeter ces exceptions et ordonner l’ouverture des débats », a martelé Alphonse Charles Wright.

La partie civile a aussi mis l’accent sur le cas de flagrant délit et a demandé également le rejet des exceptions évoquées par la défense. La partie civile a sollicité la fixation d’une caution de 200 milliards de francs guinéens pour que les intérêts de la partie civile soient préservés en cas d’une mise en liberté provisoire.

Dans sa décision, le président de la cour a rejeté la demande de la défense et a ordonné la continuation des débats.

Il faut noter que Badra Koné et ses co prévenus sont poursuivis pour des faits de détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, faux et usage de faux en écritures publiques, escroquerie, prise illégale d’intérêt, conflit d’intérêt, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité.

Des faits prévus et punis par les articles 19, 20, 403, 499, 585, 586, 652, 653, 771, 776, 764 et suivants du code pénal, 3, 4, 45, 31, 32, 33, 52 de la loi n°041 du 4 juillet 2017 portant prévention, détection et répression de la corruption et des infractions assimilées, 7, 112 et 113 de la loi n°024 du 17 août 2021 portant lutte contre le blanchiment de capitaux et financement du terrorisme.

Mamadou Macka Diallo

666 660 366

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